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Union des Comores: une dette publique stable malgré une hausse de 1,06 %

À fin mars 2026, l’encours de la dette publique de l’Union des Comores atteint 219 765 millions KMF, enregistrant une hausse modérée de 1,06 % par rapport à décembre 2025. Cette progression est essentiellement portée par l’augmentation de la dette extérieure, qui passe de 176 900 millions KMF à 180 354 millions KMF, tandis que la dette intérieure recule légèrement à 39 411 millions KMF. Cette évolution confirme la tendance structurelle d’un recours privilégié aux financements extérieurs, généralement assortis de conditions concessionnelles et de maturités longues, alors que les instruments domestiques demeurent plus coûteux et à échéances plus courtes.

Le taux d’endettement de l’Union des Comores s’est établi à 27,6 % du PIB en 2025, confirmant une trajectoire descendante par rapport aux 30,3 % enregistrés en 2024. Ce niveau reste largement en deçà du seuil de 70 % fixé pour les pays de la Zone Franc, traduisant une situation budgétaire maîtrisée et une soutenabilité préservée. La structure de la dette publique met en évidence une forte dépendance aux financements extérieurs : 82,07 % de l’encours provient de la dette extérieure, contre seulement 17,93 % pour la dette intérieure. Ce choix reflète une orientation stratégique vers des emprunts concessionnels, généralement assortis de maturités longues et de conditions financières avantageuses, à l’opposé des instruments domestiques, souvent plus coûteux et à échéances plus courtes.

La dette extérieure de l’Union des Comores présente une composition équilibrée entre les principaux types de créanciers. Elle est constituée à 52 % de financements multilatéraux (FMI, Banque mondiale, BAD, BID, etc.), à 46 % de financements bilatéraux (notamment Exim Bank Chine et Inde, Fonds saoudien et koweïtien), et à 3 % de dette commerciale. Cette structure traduit une dépendance marquée aux institutions internationales et aux partenaires bilatéraux, avec une part marginale des banques commerciales.

Sur le plan des devises, le portefeuille est diversifié : XDR (19 %), EUR (18 %), CNY (17 %), USD (13 %), SAR (11 %), KWD (4 %), et KMF (18 %). Cette répartition expose la dette publique aux fluctuations des marchés de change, mais l’arrimage du franc comorien à l’euro neutralise directement le risque lié aux 18 % libellés en EUR, ramenant l’exposition effective aux variations de change à environ 64 % de l’encours total.

Au premier trimestre 2026, le service de la dette publique de l’Union des Comores s’est établi à 1 287 millions KMF, dont 940 millions KMF consacrés au remboursement du principal et 347 millions KMF au paiement des intérêts. Cette charge, bien que maîtrisée, illustre le poids croissant des engagements financiers sur les ressources budgétaires de l’État.

Le profil d’amortissement de la dette extérieure révèle des échéances particulièrement concentrées entre 2026 et 2029. Cette configuration impose une vigilance accrue afin de préserver la soutenabilité budgétaire et d’éviter une pression excessive sur les finances publiques au cours des prochaines années. La gestion prudente de ces échéances sera déterminante pour maintenir la trajectoire descendante du taux d’endettement et garantir la stabilité macroéconomique.

Au premier trimestre 2026, la dette intérieure de l’Union des Comores recule à 39 411 millions KMF, représentant 17,93 % de la dette publique totale. Elle se compose principalement de moyens de trésorerie (72 %) et de dette bancaire (28 %). Cette évolution traduit une réduction des engagements auprès des institutions financières locales, notamment grâce aux remboursements effectués auprès d’Exim Bank et d’AFG Bank.

Parallèlement, la dette garantie connaît une forte contraction, passant de 12 611 millions KMF en 2025 à 5 345 millions KMF en mars 2026. Cette baisse résulte principalement du désengagement vis‑à‑vis d’Exim Bank, dont les encours garantis ont été ramenés de plus de 10 000 millions KMF à 3 539 millions KMF. La diminution de ces engagements contingents contribue à limiter les risques budgétaires potentiels pour l’État, en réduisant l’exposition aux passifs conditionnels liés aux garanties publiques.

La dette publique comorienne demeure modérée et soutenable, avec un ratio d’endettement largement inférieur aux seuils régionaux. La prédominance des financements concessionnels à taux fixe protège le pays contre les aléas des marchés internationaux. La réduction de la dette garantie et l’absence de nouveaux engagements au premier trimestre renforcent la prudence budgétaire des autorités, dans un contexte international marqué par l’incertitude.

Souleymane Coulibaly

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