Cinquième édition du rendez-vous phare de la Global Africa Business Initiative (GABI), le forum s’est tenu les 20 et 21 septembre au prestigieux Marriott Marquis de Times Square, en marge de la 81e Assemblée Générale des Nations Unies. Placé sous l’égide des Nations Unies et de l’Union Africaine et organisé par le Pacte Mondial des Nations Unies, il a réuni dans un format resserré le gotha de la décision mondiale : des Chefs d’État, des ministres, des dirigeants de multinationales, des investisseurs institutionnels, des institutions financières et des partenaires au développement.
Les débats, d’une rare densité, ont traité sans détour de la compétitivité des économies africaines et de la place marginale qu’occupe encore le continent dans les chaînes de valeur mondiales. Le constat est à la fois une force et une frustration. L’Afrique dispose en effet d’atouts incomparables et stratégiques pour le XXIe siècle : elle détient les minerais critiques de la transition énergétique mondiale – cobalt, lithium, manganèse -, elle possède un potentiel considérable et encore inexploité en énergies renouvelables, et elle est portée par la population la plus jeune et la plus dynamique du monde.
Les échanges ont principalement porté sur le nerf de la guerre : le financement du développement. Comment mobiliser massivement le secteur privé ? Comment améliorer drastiquement la préparation et la bancabilité des projets d’investissement ? Comment bâtir des partenariats public-privé équilibrés et renforcer la profondeur des marchés financiers régionaux ? Un consensus s’est dégagé : l’accès à une énergie fiable, abordable et durable a été présenté comme le préalable absolu, non négociable, à toute industrialisation du continent. Sans électricité compétitive, pas d’usine compétitive.
Dans ce concert de nations, la Côte d’Ivoire aborde ces questions existentielles avec une confiance sereine et argumentée, en se fondant sur un instrument de planification ambitieux et crédible : le Plan National de Développement (PND) 2026-2030.D’un coût global monumental de 114 838,5 milliards de FCFA, ce PND incarne une nouvelle philosophie de développement. Sa particularité la plus marquante est sa structure de financement : avec une contribution attendue de 70,2% du secteur privé, il consacre le passage d’un modèle tiré par l’État à un modèle tiré par l’investissement privé. Son objectif industriel est chiffré et volontariste : porter la part de l’industrie manufacturière de 13,3% à 20% du Produit Intérieur Brut à l’horizon 2030. C’est tout l’enjeu de la transformation structurelle ivoirienne qui est ainsi posé.
Pour Dr Souleymane Diarrassouba, participer à Unstoppable Africa n’était pas une simple représentation. Ces travaux ont ouvert des perspectives concrètes de nouveaux partenariats techniques et financiers, alors même que la mise en œuvre effective du PND 2026-2030 est déjà engagée sur le terrain. La Côte d’Ivoire n’est pas venue chercher des idées à New York, elle est venue chercher des investisseurs pour ses idées.
Fatoumata Traoré
