Le Gouvernement de la Gambie et le Groupe de la Banque Mondiale ont organisé ce mardi 22 septembre une revue conjointe du portefeuille de développement (CPPR), portant sur un portefeuille global d’une valeur d’environ 624 millions de dollars US. Un exercice crucial, à l’issue duquel les deux parties ont appelé à des mesures urgentes pour lever les goulots d’étranglement et accélérer la livraison des projets sur le terrain.
Ouvrant les travaux, le Ministre des Finances et des Affaires Économiques, Seedy K.M. Keita, a rappelé que la Banque Mondiale demeure un partenaire stratégique et historique de la Gambie, fournissant non seulement des ressources financières substantielles, mais aussi une expertise technique et un soutien institutionnel dans des secteurs névralgiques : capital humain, agriculture, infrastructures, connectivité numérique, tourisme, énergie et résilience climatique. Chiffres à l’appui, le Ministre Keita a précisé que le portefeuille national actif comprend actuellement cinq opérations en cours, pour un engagement total d’environ 357,95 millions de dollars, dont seulement 47,2% ont été décaissés.
Pour le Ministre, la taille même du portefeuille fait peser une lourde responsabilité sur le gouvernement et les agences d’exécution : transformer les engagements financiers en résultats de développement tangibles et palpables pour les populations.
Le Ministre Keita a pointé du doigt, avec une lucidité assumée, les maux qui ralentissent la conversion des ressources en impacts : Les lourdeurs et retards dans les procédures de passation des marchés ; la lenteur dans l’exécution et la gestion des contrats ; les faiblesses dans la préparation des projets ; et les difficultés persistantes de capacité institutionnelle. Autant de freins qui expliquent pourquoi l’argent est disponible, mais peine à devenir école, route, ou centrale électrique.
De son côté, la Banque Mondiale, par la voix de sa Représentante, a également souligné l’évolution qualitative du partenariat, avec notamment la réactivation récente du Composant de Réponse d’Urgence (CERC) pour soutenir la résilience de la Gambie face aux répercussions économiques de la crise au Moyen-Orient. Une flexibilité qui démontre l’agilité du portefeuille face aux chocs exogènes. Mais le message central de l’institution de Bretton Woods a été d’une clarté implacable : la mesure ultime du portefeuille ne doit pas être les engagements signés ou les fonds dépensés, mais les résultats de développement obtenus. Une piqûre de rappel philosophique mais éminemment opérationnelle.
Au-delà du diagnostic, cette revue conjointe se veut résolument tournée vers l’action. Elle devrait déboucher sur une feuille de route opérationnelle et contraignante pour relever les défis d’exécution, renforcer la redevabilité de chaque acteur et améliorer substantiellement le rythme et l’efficacité des investissements soutenus par la Banque Mondiale en Gambie.
Moussa Traoré
