CLASSEMENTSLes grands groupes bancaires dans l’UMOA: un paysage en recomposition

Les grands groupes bancaires dans l’UMOA: un paysage en recomposition

À fin 2025, le secteur bancaire de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) reste marqué par la présence de quelques grands groupes régionaux et internationaux. Ecobank (Togo) et Coris Bank International (Burkina Faso) se disputent la première place avec chacun 8,6 % de part de marché, confirmant leur rôle de locomotives du système bancaire ouest-africain. Ecobank se distingue toutefois par une rentabilité supérieure, concentrant 15,1 % du résultat net global provisoire.

Trois acteurs marocains  Bank of Africa (BOA), Attijariwafa bank et Atlantic Business International (ABI) cumulent près de 18 % de part de marché. Leur stratégie repose sur une forte implantation physique et une diversification des services, renforçant l’ancrage du Maroc dans la finance ouest-africaine. La NSIA (Côte d’Ivoire) et la BDM (Mali) confirment leur rôle de piliers nationaux, avec respectivement 5,9 % et 3,5 % de part de marché. La BDM se distingue par une présence physique importante (7,1 % des guichets), tandis que NSIA affiche une rentabilité équilibrée.

La Société Générale (France) reste un acteur solide, avec 7 % de part de marché et une rentabilité de 12 %, preuve de sa capacité à maintenir une position stratégique dans la zone. À l’inverse, Oragroup (Togo) affiche une contre-performance avec une rentabilité négative (-5 %), malgré une présence notable. UBA (Nigeria), bien que limitée en part de marché (3,3 %), tire son épingle du jeu grâce à une rentabilité appréciable (7,2 %).

Au total, les 14 groupes recensés représentent : 68,5 % de part de marché, 67,5 % des guichets, 72,6 % des distributeurs automatiques (GAB), 77,5 % du résultat net global provisoire. Cette concentration illustre un secteur où quelques acteurs dominants captent l’essentiel de la valeur, tout en laissant une marge de progression aux banques émergentes.

Le paysage bancaire de l’UMOA à fin 2025 reflète une dynamique de concurrence régionale, d’expansion internationale et de recomposition stratégique. Les champions locaux consolident leurs positions, les groupes marocains renforcent leur influence, tandis que les multinationales maintiennent leur présence. La rentabilité, plus concentrée que la part de marché, souligne l’importance de l’efficacité opérationnelle dans un secteur en pleine mutation.

Nana Touré

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