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UEMOA: le FMI annonce le retour de l’inflation à 4,7%, les 5 risques qui menacent l’Union

La Commission de l’UEMOA, à travers son Département des Politiques Économiques et de la Fiscalité Intérieure (DPE), a présenté ce mardi 6 octobre 2026 la Note de Conjoncture Économique Régionale (NCER). Ce rapport trimestriel vise à assurer un suivi régulier de l’évolution de l’activité économique à court terme au sein de l’Union.

Dans son édition « Mises à jour des Perspectives de l’économie mondiale » (PEM) publiée en juillet 2026, le FMI souligne que le contexte international est marqué par la coexistence de deux dynamiques antagonistes. D’une part, la guerre au Moyen-Orient engendre des tensions sur les marchés de l’énergie et des matières premières, alimentant les pressions inflationnistes et les incertitudes économiques. D’autre part, l’accélération du cycle technologique mondial, soutenue par le développement rapide de l’intelligence artificielle (IA), stimule l’investissement, la productivité et le commerce des produits technologiques. Ces évolutions entraînent une différenciation croissante des trajectoires économiques, selon le degré de dépendance énergétique et d’intégration des pays aux chaînes de valeur technologiques mondiales. En conséquence, selon l’Institution, la politique monétaire, au niveau mondial, devrait être moins accommodante, compte tenu des pressions inflationnistes manifestes et d’un ralentissement relativement modéré de l’activité. La politique budgétaire menée par les pays avancés devrait être globalement neutre en 2026, avant de se resserrer par la suite.

Selon le FMI, la croissance mondiale devrait ralentir à 3,0% en 2026, avant de remonter à 3,4% en 2027, après une estimation de 3,5% en 2025. Cette évolution traduit un ralentissement modéré plutôt qu’une véritable récession mondiale.

Les détails par zone sont cruels : Les USA tiennent à 2,3% parce qu’ils exportent du pétrole et de l’IA. La Zone euro s’effondre à 0,9% : elle importe le pétrole et subit la hausse des prix, malgré les chèques énergie. Chine : 4,6% en 2026 puis 4,1% en 2027. Le géant cale, plombé par le pétrole cher. Inde : 6,4% en 2026. Elle reste la plus dynamique au monde, mais elle aussi ralentit.

Afrique subsaharienne : 4,3% en 2026 puis 4,5% en 2027. Stable, résiliente, dit le FMI. Le Nigeria remonte à 4,1% grâce au pétrole, l’Afrique du Sud végète à 1,1%. Le reste de l’Afrique, hors géants, ralentit de 5,6% à 5,2%.Et le FMI pointe le problème de l’UEMOA noir sur blanc : Malgré une croissance relativement robuste, l’Afrique subsaharienne demeure confrontée à plusieurs contraintes structurelles. La région reste largement en marge du cycle technologique mondial porté par l’IA en raison des déficits persistants en matière d’électricité, d’infrastructures numériques et de compétences spécialisées. En outre, le recul de l’aide publique au développement et l’augmentation des coûts de financement pourraient réduire les capacités d’investissement public.

Après une période de décélération progressive au sortir des crises sanitaire et géopolitique du début des années 2020, la trajectoire baissière de l’inflation mondiale connaît un coup d’arrêt. Selon la mise à jour de juillet 2026 des PEM du FMI, l’inflation globale s’établirait à 4,7% en 2026 (contre 4,1% en 2025), avant de fléchir à 3,9% en 2027.

La dynamique de l’inflation devrait rester inégale d’un pays à l’autre. Dans les pays avancés, le taux d’inflation devrait passer de 2,5% en 2025 à 3,0% en 2026. La hausse serait plus prononcée dans les pays émergents et en développement où l’inflation atteindrait 5,8% en 2026, contre 5,2% en 2025.

Le FMI met en garde contre cinq véritables bombes à retardement susceptibles de fragiliser l’économie mondiale.

Risque d’aggravation du conflit au Moyen-Orient : si le détroit d’Ormuz venait à se fermer, les cours du pétrole s’envoleraient. Les stocks mondiaux, déjà au plus bas, pourraient entraîner une flambée des prix de manière non linéaire. Risque de hausse durable de l’inflation : la combinaison de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires alimente des tensions sociales. Le FMI souligne que « la hausse des prix des denrées alimentaires pourrait accentuer le risque de troubles sociaux et d’instabilité politique intérieure, en particulier dans les pays vulnérables d’Afrique subsaharienne ».

Risque de durcissement financier : si l’inflation persiste, les banques centrales maintiendront des politiques restrictives. Les pays fortement endettés, notamment au sein de l’UEMOA, verraient leurs marges de financement se réduire drastiquement. Risque de fragmentation du commerce mondial : la multiplication des barrières tarifaires et non tarifaires, ainsi que le repli des échanges, entraînerait une hausse des coûts de production et un ralentissement des flux commerciaux.

Risque de correction du secteur de l’IA : l’intelligence artificielle, moteur actuel de la croissance, pourrait connaître une bulle spéculative. Si les investisseurs révisent à la baisse leurs anticipations de rentabilité, les marchés boursiers chuteraient et l’investissement technologique s’arrêterait brutalement.

Souleymane Coulibaly

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