Le jeudi 6 août 2026, le Premier Ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lo a présidé une réunion interministérielle consacrée à la sécurité alimentaire et à la gestion de la période de soudure. Cette rencontre, annoncée lors du dernier Conseil des ministres, a débouché sur une série de mesures fortes, dont la mise à disposition d’un budget global de 7 202 737 225 FCFA destiné à l’assistance alimentaire et pastorale.
Le Premier Ministre a instruit le Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan de mettre à disposition, au plus tard le 12 août 2026, les ressources nécessaires pour soutenir les structures opérationnelles : 727 738 194 FCFA au Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN) ; 2 639 884 781 FCFA au Fonds de solidarité nationale (FNS) pour les transferts monétaires ; 700 000 000 FCFA au Commissariat à la Sécurité alimentaire et à la Résilience du Sénégal (CSAR) pour la distribution de kits alimentaires ; 3 135 114 250 FCFA à la Direction de l’Élevage (DIREL) pour l’assistance pastorale.
Le Premier Ministre a insisté sur l’efficacité du dispositif de mise en œuvre, en fixant plusieurs orientations : Réunion du Conseil national de Sécurité alimentaire avant le 30 août 2026 pour définir les stratégies structurelles. Organisation de Comités départementaux de Développement (CDD) dans les zones vulnérables (Bambey, Goudiry, Salémata, Ranérou) afin d’établir un état des lieux documenté. Alignement des interventions des partenaires techniques et financiers sur les priorités du Plan national de Résilience (PNR) 2026, avec obligation de communiquer leurs plans et ressources mobilisées. Déploiement immédiat de l’assistance alimentaire par les ministères concernés, en tenant compte des effets des inondations. Mise en place d’un mécanisme quotidien de suivi et de coordination, incluant une matrice de responsabilités (RACI) et des rapports périodiques sur les populations couvertes et les besoins non satisfaits. Intensification du dépistage et de la prise en charge de la malnutrition aiguë chez les enfants, ainsi que l’assistance nutritionnelle aux femmes enceintes et allaitantes. Sauvegarde du cheptel par l’acquisition et la distribution transparente d’aliments de bétail dans les zones déficitaires.
Au-delà de l’urgence, le Gouvernement a également arrêté des mesures de long terme : Reconstitution pérenne du stock national de sécurité alimentaire, avec un financement durable et des achats orientés vers la production locale. Programmes structurants de résilience dans les zones chroniquement vulnérables, à travers des projets sectoriels inclusifs. Intégration de l’approche “One Health” dans le Conseil national de Sécurité alimentaire, pour mieux prendre en compte la sécurité sanitaire des aliments, la prévention des zoonoses et la qualité des denrées. Suivi renforcé des zones à risque, particulièrement celles exposées aux inondations ou aux crues, afin d’assurer l’accès continu des populations à une alimentation saine et durable.
Cette réunion interministérielle marque une étape décisive dans la gestion de la période de soudure. En mobilisant des ressources financières substantielles et en renforçant la coordination entre les ministères, les partenaires techniques et les acteurs territoriaux, le Gouvernement entend répondre efficacement aux urgences alimentaires et pastorales tout en posant les bases d’une sécurité alimentaire durable et résiliente.
Souleymane Coulibaly
