La Gambie et l’Ambassade des États-Unis ont signé le 18 septembre 2026, un accord historique de transfert de 2,5 millions de dollars américains au profit des victimes du régime de l’ancien regime de Yahya Jammeh. L’accord a été paraphé par le Ministre des Finances et des Affaires Économiques, Seedy K.M. Keita, au nom du Gouvernement de la Gambie, et par Robert Anderson, Chargé d’affaires à l’Ambassade des États-Unis à Banjul, au nom du Gouvernement américain.
Les fonds récupérés proviennent de la saisie et de la vente ultérieure d’une luxueuse propriété située à Potomac, dans le Maryland l’un des quartiers les plus huppés des États-Unis qui, selon le Département de la Justice des États-Unis avait été acquise avec des fonds provenant d’une vaste entreprise de corruption et de détournement de deniers publics, via une fondation-écran établie par son épouse, Zainab Jammeh. Il s’agit donc de fonds publics gambiens prétendument blanchis et exfiltrés, récupérés grâce à la procédure américaine de Kleptocracy Asset Recovery et qui, par un retour de balancier moral, vont enfin servir à panser les plaies qu’ils ont contribué à créer.
Lors de la cérémonie de signature, le Ministre Keita a qualifié l’occasion d’important jalon dans le processus de justice transitoire de la Gambie et a exprimé sa profonde gratitude au Gouvernement et au peuple des États-Unis pour leur coopération exemplaire dans la récupération des avoirs volés. Il a déclaré que ces réparations, bien que financières, pourraient fournir un soutien significatif et concret aux victimes et à leurs familles, encore aux prises avec les séquelles physiques, psychologiques et économiques de 22 ans de terreur. Il a exprimé l’espoir que les fonds parviendront à atteindre les bénéficiaires légitimes avec célérité et intégrité, tout en contribuant à résoudre les difficultés persistantes auxquelles ils sont confrontés.
De son côté, Robert Anderson a souligné que la signature a marqué un jalon important pour les deux gouvernements, et surtout, pour les victimes et les survivants du régime précédent.
« Les 2,5 millions de dollars, nets, représentent des fonds publics qui ont été prétendument mal utilisés et récupérés à travers les procédures judiciaires des États-Unis », a-t-il martelé. Anderson a souligné que l’action reflète l’engagement partagé de la Gambie et des États-Unis à combattre la criminalité financière transnationale, le blanchiment d’argent et la corruption à grande échelle, tout en assurant que les fonds récupérés bénéficieront directement aux victimes.
Moussa Traoré
