La capitale burkinabè abrite, les 15 et 16 octobre 2026, la 5ᵉ Rencontre des Directeurs généraux des Douanes de la Confédération des États du Sahel (AES) et du Togo. Présidée par le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, la cérémonie d’ouverture a réuni les principaux responsables des administrations douanières autour d’un objectif commun : renforcer la coopération régionale et bâtir un espace commercial davantage intégré, fluide et sécurisé.
Placée sous le thème « Harmonisation des procédures douanières pour un commerce fluide et sécurisé dans l’espace AES », cette rencontre stratégique intervient dans le prolongement des travaux techniques menés par les experts douaniers des pays membres de la Confédération des États du Sahel du 12 au 14 octobre à Ouagadougou. Elle constitue une nouvelle étape dans le processus de rapprochement des administrations douanières, appelées à jouer un rôle central dans l’approfondissement de l’intégration économique régionale.
Le Premier ministre burkinabè a souligné l’importance croissante des administrations douanières dans la consolidation des ambitions économiques de la Confédération des États du Sahel. Selon lui, le contexte actuel, marqué par la volonté affirmée des États membres de renforcer leur souveraineté économique et leur autonomie stratégique, exige des résultats concrets au-delà des déclarations d’intention.
Après quatre rencontres successives ayant permis de poser les bases d’une coopération renforcée, le Chef du Gouvernement a exhorté les responsables douaniers à franchir un nouveau cap en traduisant les engagements pris en actions tangibles et mesurables sur le terrain. Pour lui, l’heure n’est plus seulement à la concertation et à l’harmonisation des approches, mais à la mise en œuvre effective des réformes susceptibles de faciliter les échanges commerciaux tout en garantissant la sécurité des frontières.
Parmi les principaux chantiers identifiés figure l’interconnexion des systèmes d’information douaniers des différents États. Cette modernisation est perçue comme un levier essentiel pour améliorer la traçabilité des opérations commerciales, fluidifier le passage des marchandises et réduire les formalités administratives répétitives qui ralentissent encore les échanges transfrontaliers.
Au-delà de la simplification des procédures, le partage automatisé des données devrait permettre d’accroître l’efficacité de la mobilisation des recettes fiscales et douanières. Il constitue également un outil majeur dans la lutte contre la fraude, la contrebande et diverses formes de trafics illicites, dont les réseaux développent des méthodes toujours plus sophistiquées et transnationales.
Toutefois, le Premier ministre a tenu à rappeler que le renforcement des dispositifs de contrôle ne devait pas se faire au détriment de la fluidité des échanges. Il a ainsi invité les participants à trouver un équilibre durable entre impératifs sécuritaires et facilitation du commerce, dans l’intérêt des populations et des opérateurs économiques.
Les Directeurs généraux des Douanes du Mali et du Niger ont également mis en avant plusieurs priorités opérationnelles. L’Inspecteur général Cheickna Amala Diallo pour le Mali et le Colonel Mohamed Yacouba Siddo pour le Niger ont insisté sur l’importance du partage des données, du suivi rigoureux des recommandations issues des précédentes rencontres et de la prise en compte des préoccupations des opérateurs économiques.
De son côté, le représentant du Commissaire général de l’Office togolais des recettes (OTR) a renouvelé l’engagement du Togo à poursuivre et à consolider cette coopération avec les États de l’AES. Il a notamment réaffirmé la volonté de son pays de contribuer à la mise en œuvre rapide des mesures adoptées afin de renforcer la fluidité des échanges et l’efficacité des administrations douanières.
Khadidiatou Maïga
