Lors de sa dernière réunion, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a confirmé le maintien de son taux directeur à 3 %, malgré les incertitudes liées à la crise au Moyen‑Orient. Une orientation qui contraste fortement avec celle de la Banque centrale du Nigeria (CBN), qui conserve un taux record de 26,5 % pour contenir l’inflation et stabiliser le naira. Ce contraste illustre deux approches monétaires opposées : l’une tournée vers le soutien à la croissance régionale, l’autre résolument axée sur la lutte contre l’inflation.
Au Nigeria, le crédit bancaire reste particulièrement coûteux, ce qui ralentit l’investissement privé. Les ménages et les entreprises subissent directement ces conditions de financement plus strictes, qui limitent leur capacité à consommer et à investir. Cette orientation traduit aussi un signal fort envoyé aux marchés : la Banque centrale du Nigeria (CBN) affiche sa détermination à combattre l’inflation et à stabiliser le naira.
Dans l’UEMOA, les conditions de financement demeurent favorables pour les États et les entreprises. L’accès au crédit est facilité pour les acteurs économiques, ce qui soutient la dynamique de croissance régionale. Toutefois, cette souplesse expose la zone à un risque accru de vulnérabilité en cas de chocs externes, notamment énergétiques ou liés aux matières premières, aggravés par les tensions persistantes au Moyen‑Orient.
La CBN privilégie la stabilité monétaire face à une inflation élevée, tandis que la BCEAO maintient une politique de soutien à la croissance, même dans un contexte international incertain. Ce contraste illustre la diversité des réponses monétaires en Afrique de l’Ouest, chacune adaptée aux réalités économiques et aux pressions spécifiques de sa zone.
Fatoumata Traoré
