Dans un contexte national où la souveraineté alimentaire et l’autonomie énergétique s’imposent comme des impératifs existentiels, le Président nigérien, le Général Abdourahamane Tiani, monte au front. Dans un communiqué officiel, le Chef de l’État a convoqué une session extraordinaire du Conseil Consultatif pour la Refondation (CCR), prévue les 5 et 6 octobre 2026.Cette rencontre au sommet de l’organe consultatif de la transition intervient à un moment charnière, marqué par des enjeux agricoles et énergétiques cruciaux pour la résilience du Niger.
L’ordre du jour, resserré et d’une importance stratégique capitale, s’articule autour de quatre points majeurs qui traduisent la volonté des autorités de passer d’une gestion conjoncturelle à une planification structurelle.
L’évaluation de la campagne agricole 2026
Il s’agit du baromètre de la sécurité alimentaire nationale. Au sortir de la saison des pluies, les autorités entendent dresser un bilan sans complaisance des rendements, des superficies emblavées et des défis rencontrés par les producteurs.
La situation des stocks de céréales de l’OPVN
Second point névralgique, l’état des réserves de l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN). Grenier stratégique de l’État, l’OPVN est le rempart contre la soudure et les chocs alimentaires. Faire le point sur ses stocks, c’est s’assurer de la capacité de l’État à intervenir en cas de crise.
La disponibilité des intrants agricoles via le CAIMA
La productivité ne se décrète pas, elle se prépare. Le Conseil se penchera sur la disponibilité des intrants – semences améliorées, engrais, pesticides notamment via la Centrale d’Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA). Un maillon essentiel pour garantir une campagne prochaine plus performante.
La sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers
Dernier pilier de cette session, et non des moindres, la sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers sur l’ensemble du territoire national. Dans un pays vaste et enclavé, la continuité de la distribution du carburant est le sang qui irrigue l’économie, du champ au marché, et un facteur clé de stabilité sociale. Ces thématiques, intimement liées, traduisent une même doctrine : renforcer la résilience du secteur agricole, assurer une distribution stable des ressources énergétiques et affirmer la souveraineté du Niger sur ses ressources stratégiques.
En marge de cette convocation, un décret présidentiel est venu acter un réajustement au sein même de l’institution. Il met fin aux fonctions de Harouna Hadiza Adamou en tant que membre du CCR. La décision, officialisée par le Secrétariat Général du Gouvernement, s’inscrit dans une dynamique de recomposition et de rationalisation institutionnelle propre à toute période de refondation.
Souleymane Coulibaly
