Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé que le risque de surendettement du Ghana est désormais classé « modéré », contre un niveau élevé auparavant. Cette réévaluation intervient à l’issue de la sixième et dernière revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), et reflète les progrès réalisés par le pays en matière de stabilisation macroéconomique et de restructuration de sa dette publique.
Le FMI souligne que le redressement de la situation financière du Ghana s’est opéré plus tôt qu’anticipé. Tous les indicateurs de viabilité de la dette se situent désormais sous les seuils applicables aux pays à faible revenu, permettant au pays d’obtenir cette amélioration deux ans avant l’échéance initialement prévue. Le Ghana a conclu des accords de restructuration avec plus de la moitié de ses créanciers bilatéraux, conformément à l’accord signé avec le Comité officiel des créanciers. Des accords de principe ont également été obtenus avec une part comparable des créanciers commerciaux extérieurs, tandis que les discussions se poursuivent avec les autres partenaires.
La croissance économique a atteint 6 % en 2025, puis 6,4 % au premier trimestre 2026. Les comptes extérieurs se sont renforcés avec un excédent du compte courant de 7,9 % du PIB en 2025, porté par les prix élevés de l’or. Les réserves internationales brutes ont doublé pour atteindre 11,9 milliards de dollars, soit environ quatre mois d’importations. La dette publique, retombée à 48,8 % du PIB en 2025, devrait se stabiliser autour de 52,6 % en 2026 avant de reprendre une trajectoire baissière.
Le Conseil d’administration du FMI a autorisé un ultime décaissement de 371 millions de dollars, portant le total décaissé à près de 3 milliards de dollars et clôturant ainsi le programme lancé en mai 2023. Les autorités ghanéennes ont également sollicité un Instrument de coordination des politiques (PCI) de 36 mois, qui servira de cadre aux réformes économiques sans financement direct.
Le FMI appelle le Ghana à poursuivre ses efforts : mobilisation accrue des recettes fiscales, amélioration de la gestion des finances publiques, renforcement de la gouvernance des entreprises publiques, notamment dans l’énergie et le cacao, recapitalisation et indépendance de la Banque du Ghana, supervision renforcée du secteur financier. Cette révision constitue un signal positif pour les investisseurs et les partenaires financiers, tout en rappelant que la consolidation des acquis dépendra de la poursuite des réformes engagées.
Souleymane Coulibaly
