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Entrepreneuriat des jeunes: la BAD et la France scellent une alliance inédite pour combler le déficit de 331 milliards de dollars

C’est un changement de paradigme majeur dans le financement du développement. Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et la France développent de nouvelles approches pour le financement de l’entrepreneuriat des jeunes, allant bien au-delà du simple octroi de prêts. Exit le modèle classique du financement isolé. Place à une stratégie holistique, intégrée et structurelle, qui vise à lever les obstacles systémiques qui étouffent l’élan entrepreneurial de la jeunesse africaine.

L’innovation de cette alliance franco-africaine réside dans son approche multidimensionnelle. À travers la Banque d’investissement pour l’entrepreneuriat des jeunes (initiative phare de la BAD) et le programme « Choose Africa 2 » de l’Agence française de développement (AFD), les deux partenaires associent quatre leviers indissociables : le développement de l’écosystème entrepreneurial, le dialogue sur les politiques publiques, le financement et l’assistance technique. Il ne s’agit plus seulement de donner du crédit, mais de créer les conditions pour que ce crédit prospère : former, accompagner, conseiller, et surtout plaider auprès des gouvernements pour des réformes qui assainissent le climat des affaires et libèrent le potentiel des jeunes porteurs de projets.

En 2024, les deux institutions ont convenu de mettre au point des instruments financiers sur mesure destinés à trois pays pilotes : la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Togo.Le choix de ces trois économies ouest-africaines n’est pas anodin. Elles représentent des écosystèmes entrepreneuriaux dynamiques mais bridés par un obstacle colossal : le déficit de financement estimé à 331 milliards de dollars auquel sont confrontées les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) africaines. Ce chiffre vertigineux illustre l’ampleur du fossé entre les besoins de financement des MPME, qui constituent plus de 90% du tissu économique africain, et l’offre réelle des institutions financières, souvent frileuses face au risque perçu. L’objectif ultime de ce partenariat est limpide : élargir l’accès des entrepreneurs à des capitaux abordables, à des taux soutenables et avec des garanties adaptées, pour leur permettre de se financer, de bâtir des entreprises pérennes et de contribuer massivement à la création d’emplois.

Dans une Afrique où plus de 60% de la population a moins de 25 ans, cette initiative BAD-France apparaît comme une réponse stratégique à l’équation la plus pressante du continent : transformer son dividende démographique en dividende économique, en faisant de sa jeunesse non plus une charge, mais le moteur de sa prospérité.

Nana Touré

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