En visite officielle en République populaire de Chine, le Directeur général des Douanes du Burkina Faso, l’Inspecteur divisionnaire Yves Kafando, conduit une délégation composée de directeurs techniques auprès de l’Administration générale des Douanes de Chine. À Pékin, la mission s’est ouverte sur des échanges de haut niveau consacrés à la modernisation douanière, à la sécurisation des importations, à la facilitation des échanges et au partage d’informations relatives aux marchandises exportées vers le Burkina Faso.
Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de transformation de l’administration financière, portée par le Ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo. L’objectif est clair : renforcer les capacités nationales en matière de gestion douanière, protéger l’économie burkinabè et préserver les intérêts stratégiques du pays dans un contexte de mondialisation accélérée.
Les discussions avec les responsables chinois ont permis d’explorer le modèle de développement de l’administration douanière chinoise. Les thèmes abordés vont des réformes structurelles à la digitalisation des procédures, en passant par l’adaptation des pratiques douanières aux mutations du commerce international. Ces échanges traduisent une conception renouvelée de la frontière : désormais, elle n’est plus seulement un point de contrôle physique, mais un espace de circulation des marchandises, des capitaux et des données, où émergent de nouveaux risques. Pour y répondre, la Douane doit anticiper grâce à l’analyse des données, au renseignement et à la coopération internationale.
La modernisation, telle que mise en œuvre en Chine, ne repose pas uniquement sur les équipements technologiques. Elle exige des procédures simplifiées, des textes adaptés, une circulation fluide de l’information et un renforcement continu des compétences. La digitalisation devient ainsi un instrument au service d’un contrôle plus ciblé, plus rapide et plus efficace.
La délégation burkinabè a accordé une attention particulière à l’accès aux informations contenues dans les déclarations d’exportation établies en Chine pour les marchandises destinées au Burkina Faso. Le rapprochement de ces données avec celles enregistrées à l’arrivée permettrait de détecter plus efficacement les minorations de valeur, les fausses déclarations d’espèce ou d’origine, les manipulations de factures et les autres formes de fraude documentaire.
Pour le Burkina Faso, pays sans littoral et dépendant de la performance des corridors, cette coopération est stratégique. Elle doit contribuer à réduire les délais et les coûts de dédouanement, tout en renforçant la lutte contre la fraude. L’équilibre recherché repose sur une meilleure connaissance des opérateurs, une analyse rigoureuse des risques, des procédures digitalisées et une coopération étroite entre administrations.
La Direction générale des Douanes entend tirer parti des pratiques pertinentes de l’administration chinoise, sans transposer mécaniquement un modèle étranger. L’ambition est d’identifier des solutions adaptées aux réalités nationales : faire de l’information un instrument de lutte contre la fraude, de la technologie un levier de performance et de la coopération internationale un vecteur d’efficacité.
La mission se poursuivra à Shanghai, où la délégation burkinabè participera à la conférence Huawei Connect 2026. Ce rendez-vous mondial offrira un cadre privilégié pour approfondir les réflexions sur l’intelligence artificielle, le cloud, la connectivité et les solutions numériques susceptibles d’accompagner la transformation de l’administration douanière. Il ouvrira également de nouvelles perspectives de coopération technologique, au service d’une Douane plus intelligente, plus intégrée et davantage orientée vers l’anticipation des risques.
Fatoumata Traoré
