La Première Ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a officiellement déposé au Bureau de l’Assemblée nationale le projet de loi de finances 2027, accompagné du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025. Cet acte marque l’ouverture d’un nouveau cycle budgétaire et engage le pays dans une trajectoire ambitieuse de consolidation économique et sociale.
Le texte présenté s’élève à 56 929 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards USD. Il s’agit d’un budget record, qualifié par l’exécutif de « budget d’action et de souveraineté », traduisant la volonté de renforcer l’autonomie financière de l’État et de répondre aux priorités nationales.
Le projet de loi de finances 2027 décline les axes stratégiques du Programme d’actions du Gouvernement, en inscrivant dans les crédits budgétaires les priorités nationales. La sécurité et la défense occupent une place centrale, dans un contexte marqué par les défis persistants à l’Est du pays. Le pouvoir d’achat des ménages est également au cœur des préoccupations, avec des mesures destinées à contenir l’inflation et à soutenir les revenus. L’agriculture et la production locale sont mises en avant afin de réduire la dépendance aux importations et de stimuler l’autosuffisance alimentaire. Des investissements structurants sont prévus dans les routes, les aéroports et les universités, pour améliorer la connectivité nationale et renforcer le capital humain. Ces orientations traduisent une volonté de conjuguer sécurité, stabilité sociale et développement économique, en plaçant la souveraineté et l’action au cœur de la politique budgétaire.
Le gouvernement entend accroître ses ressources internes par un renforcement de la mobilisation fiscale, notamment grâce à la digitalisation des procédures. Cette orientation vise à élargir l’assiette, améliorer le recouvrement et réduire les pertes liées aux circuits informels.
Le budget 2027 intègre des crédits spécifiques destinés à garantir le respect du calendrier démocratique, en finançant l’organisation des élections. Il prévoit également des ressources pour l’identification de la population, étape essentielle à la modernisation de l’état civil et à la transparence du processus électoral. Le dialogue national, convoqué par le Président de la République, bénéficie lui aussi d’une prise en charge budgétaire, afin de favoriser la cohésion sociale et la paix. Ces allocations traduisent une volonté de l’État de concilier exigences institutionnelles et priorités sociales, en inscrivant la stabilité politique au cœur de la stratégie budgétaire. Elles illustrent une approche globale où la démocratie, la gouvernance et la paix sont considérées comme des leviers indispensables au développement économique et social.
Avec ce dépôt, la RDC ouvre un marathon parlementaire où le texte sera examiné en commissions puis en séance plénière. Au-delà des chiffres, ce budget incarne une vision politique et économique : faire de la loi de finances 2027 un instrument de souveraineté, de stabilité et de développement.
Souleymane Coulibaly
