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CEMAC: l’encours des titres publics franchit la barre des 10 560,8 milliards FCFA à fin juillet 2026

En seulement sept mois, l’encours des titres publics de la CEMAC a enregistré une croissance de +11,7 %, soit une hausse de 1 109,3 milliards FCFA, pour atteindre 10 560,8 milliards FCFA à fin juillet 2026. Ce dynamisme confirme la vitalité du marché des capitaux régional et son rôle central dans le financement des économies de la sous‑région.

Avec un poids de 13,28 % du PIB de la CEMAC, ce compartiment représente le pilier du marché des capitaux, lequel pèse 15,74 % du PIB régional. Cette progression illustre la montée en puissance des émissions souveraines comme instrument privilégié de mobilisation des ressources, dans un contexte où les États cherchent à diversifier leurs sources de financement.

La répartition des détenteurs de l’encours révèle une forte concentration entre les acteurs principaux. Les SVT et non‑SVT dominent largement avec 75,7 %, soit 7 988,6 milliards FCFA, confirmant leur rôle central dans le financement du marché. Les investisseurs institutionnels occupent la deuxième place avec 20,4 %, représentant 2 153,5 milliards FCFA, ce qui traduit leur poids croissant dans la structuration des portefeuilles. Les personnes physiques, bien que présentes, ne détiennent que 3,6 %, soit 383 milliards FCFA, illustrant une participation encore marginale des particuliers dans ce compartiment. Cette configuration met en lumière une polarisation du marché autour des acteurs spécialisés, tout en soulignant le potentiel d’élargissement vers une base d’investisseurs plus diversifiée.

En juillet 2026, le Congo a supporté le coût d’emprunt le plus élevé de la zone, avec un taux moyen de 9,5 %, traduisant une prime de risque importante. Le Tchad suit de près avec 9,4 %, confirmant la pression exercée sur ses finances publiques. La République centrafricaine (RCA) s’est financée à un taux moyen de 8,5 %, légèrement supérieur à celui du Gabon, fixé à 8,3 %. La Guinée équatoriale a obtenu des conditions un peu plus favorables, avec un coût moyen de 7,9 %. Le Cameroun bénéficie du taux le plus bas de la sous‑région, à 7,2 %, signe d’une confiance accrue des investisseurs dans sa capacité de remboursement.

Ces écarts reflètent les différences de perception de risque et de crédibilité budgétaire entre les États membres. Le Cameroun, première économie de la zone, bénéficie du coût le plus bas, tandis que le Congo et le Tchad paient les taux les plus élevés, signe d’une pression accrue sur leurs finances publiques.

La progression de l’encours des titres publics en CEMAC en 2026 constitue un signal fort de maturité du marché régional. Elle atteste de la capacité des États à mobiliser des ressources importantes auprès des investisseurs, tout en renforçant l’attractivité de la zone.

Fatoumata Traoré

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