Le gouvernement sénégalais a réaffirmé avec fermeté sa position : malgré les discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI) et les débats suscités par la situation des finances publiques, Dakar exclut catégoriquement toute restructuration de sa dette.
Lors du Débat d’orientation budgétaire, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a défendu la stratégie nationale de gestion de la dette. Selon lui, l’État privilégie un plan de traitement interne, jugé plus adapté et moins risqué pour l’économie nationale.
« Le Sénégal n’a pas varié. Nous demeurons convaincus que les objectifs recherchés par les acteurs qui préconisent une restructuration de la dette peuvent être atteints à travers le plan de traitement que nous avons élaboré, avec des risques nettement moins élevés pour notre économie », a-t-il déclaré.
Cette position s’inscrit dans un contexte particulier. Les nouvelles autorités ont mené un audit approfondi des comptes publics, révélant un écart significatif entre les données budgétaires transmises aux partenaires et la réalité des finances. Le FMI a qualifié cette situation d’exceptionnelle.
Cheikh Diba a insisté sur la transparence adoptée par le gouvernement en partageant ces informations avec les partenaires techniques et financiers. Selon lui, le ralentissement des décaissements observé traduit un temps d’évaluation nécessaire, et non une perte de confiance.
Afin de renforcer la crédibilité budgétaire et de consolider la trajectoire économique, le gouvernement a engagé un vaste programme de réformes, comprenant : la modernisation fiscale et la digitalisation des procédures ; l’élargissement de l’assiette fiscale pour accroître les recettes ; la révision des conventions minières et pétrolières afin de mieux valoriser les ressources nationales.
Le Sénégal mise également sur les recettes attendues de l’exploitation des hydrocarbures, évaluées à 703,2 milliards de FCFA entre 2027 et 2029. Les projections budgétaires tablent sur 18 286 milliards de FCFA de recettes totales à l’horizon 2027‑2029, avec l’objectif d’atteindre le seuil communautaire de pression fiscale de 20 % fixé par l’UEMOA.
En excluant toute restructuration de sa dette, Dakar entend préserver la stabilité économique et renforcer la confiance des partenaires. Le choix d’un plan interne, soutenu par une stratégie de réformes ambitieuses et par les perspectives offertes par les hydrocarbures, traduit une volonté de maîtriser les risques tout en consolidant les bases d’une croissance durable et inclusive.
Fatoumata Traoré
