Le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de valorisation locale des matières premières agricoles avec la mise en œuvre d’un important projet industriel dédié à la transformation de la noix de cajou. Portée par Bénin Cashew SA et soutenue financièrement par la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), cette initiative prévoit la construction et l’exploitation d’un vaste complexe industriel au sein de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), devenue en quelques années l’un des principaux pôles de transformation du pays.
D’un coût global de 43,3 milliards de FCFA, le projet bénéficie d’un financement de 10 milliards de FCFA accordé par la BOAD, témoignant de la confiance de l’institution régionale dans le potentiel de la filière anacarde béninoise et dans les perspectives de développement industriel qu’offre cette chaîne de valeur stratégique.
Le futur complexe industriel sera doté de cinq unités de transformation de noix brutes de cajou, affichant une capacité nominale annuelle cumulée de 100 000 tonnes. À ces installations s’ajoutera une unité d’extraction d’huile de coque de noix de cajou, capable de produire jusqu’à 20 000 tonnes par an. Cette infrastructure intégrée permettra non seulement de transformer une part significative de la production nationale de noix de cajou, mais également de valoriser les sous-produits issus du processus industriel. L’extraction de l’huile de coque, matière première prisée dans plusieurs secteurs industriels, contribuera notamment à améliorer la rentabilité de la chaîne de transformation tout en limitant les pertes.
Au-delà de ses dimensions industrielles, le projet répond à une ambition stratégique : accroître la transformation locale de la noix de cajou au Bénin. Longtemps exportées à l’état brut vers les marchés internationaux pour y être transformées, les noix de cajou béninoises font désormais l’objet d’une politique volontariste visant à retenir davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Cette orientation s’inscrit dans la dynamique de transformation économique engagée par les autorités béninoises, qui cherchent à développer un tissu industriel compétitif capable de générer davantage de richesses, d’emplois et de revenus d’exportation. En favorisant la transformation locale, le pays entend réduire sa dépendance aux exportations de produits bruts et renforcer sa position sur les segments à plus forte valeur ajoutée du marché mondial de l’anacarde.
L’implantation de ce complexe au sein de la GDIZ devrait également avoir des retombées significatives sur le développement économique local. La phase de construction comme l’exploitation future des installations devraient favoriser la création de nombreux emplois directs et indirects, tout en stimulant l’émergence d’activités connexes dans les domaines de la logistique, des services industriels, du transport et de la maintenance.
En consolidant les capacités nationales de transformation et en élargissant les débouchés industriels de la filière, ce projet positionne davantage le Bénin comme un acteur de référence de l’industrie de l’anacarde en Afrique de l’Ouest. Il illustre également la volonté du pays de faire de la transformation locale un moteur de croissance durable, de compétitivité et de création de valeur au bénéfice de l’économie nationale.
Abdoulaye Cissé
