Réuni en Conseil des ministres le vendredi 23 octobre 2026 sous la présidence du Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, le Gouvernement malien a pris acte d’une communication écrite relative à la Stratégie de consommation des produits locaux du Mali. Présentée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, cette initiative vise à renforcer la place des produits locaux dans l’économie nationale et à faire du « Consommer local » un véritable levier de croissance, de création de richesse et de développement industriel.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités de bâtir un secteur privé plus compétitif, conformément aux recommandations formulées lors des Assises nationales de la Refondation, qui ont mis en avant la nécessité de promouvoir davantage la production nationale et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations. À travers cette stratégie, le Gouvernement entend stimuler la production, la transformation, la commercialisation et la consommation des biens produits sur le territoire national.
L’objectif est de créer un environnement favorable à l’essor des entreprises locales tout en encourageant les consommateurs à privilégier les produits maliens. Cette orientation devrait permettre de renforcer la valeur ajoutée nationale, soutenir l’emploi, améliorer les revenus des producteurs et contribuer à la transformation structurelle de l’économie. Les autorités misent également sur cette politique pour accroître la résilience économique du pays en développant davantage les chaînes de valeur locales dans les secteurs agricole, industriel et agroalimentaire.
La Stratégie de consommation des produits locaux s’articule autour de quatre axes majeurs. Le premier concerne le renforcement des capacités des acteurs économiques ainsi que l’amélioration de la productivité des entreprises locales. Il s’agit notamment de soutenir les producteurs et les transformateurs afin d’accroître leur compétitivité sur le marché national. Le deuxième axe porte sur l’amélioration de la qualité des produits locaux, leur promotion ainsi que le développement d’une véritable culture de consommation nationale. L’ambition est de renforcer la confiance des consommateurs dans les produits fabriqués au Mali. Le troisième axe vise le renforcement du cadre réglementaire, institutionnel et organisationnel afin de créer les conditions favorables à une plus grande utilisation des produits locaux dans les circuits économiques nationaux. Le quatrième axe est consacré au suivi-évaluation de la stratégie et à la mise en œuvre des mesures d’accompagnement nécessaires pour garantir son efficacité et sa pérennité.
La mise en œuvre de cette politique s’inscrit dans la vision de développement portée par « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » ainsi que par la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD) 2024-2033.
À travers cette convergence stratégique, le Gouvernement entend promouvoir un modèle de développement davantage fondé sur la valorisation des ressources nationales, l’industrialisation et le renforcement de la souveraineté économique du pays.
Les autorités estiment que cette stratégie contribuera significativement à l’accroissement des productions agricoles, animales et halieutiques. En créant une demande plus soutenue pour les produits locaux, elle devrait offrir de nouveaux débouchés aux producteurs et stimuler les investissements dans les filières nationales.
Par ailleurs, l’initiative est appelée à jouer un rôle déterminant dans le développement industriel, notamment dans les secteurs à forte valeur ajoutée. La transformation locale des matières premières pourrait ainsi générer davantage de richesse, favoriser la création d’emplois et renforcer la compétitivité de l’économie malienne.
En faisant du « Consommer local » une priorité nationale, le Mali entend encourager une dynamique économique fondée sur la production nationale et la valorisation du savoir-faire local. Cette stratégie traduit la volonté des autorités de construire une économie plus autonome, capable de répondre aux besoins du marché intérieur tout en soutenant l’émergence d’entreprises nationales performantes.
Fatoumata Traoré
