Le Conseil national de Transition (CNT) a franchi une étape importante dans le renforcement du système de santé malien. Réunis ce jeudi 22 octobre 2026 en séance plénière ordinaire, les membres de l’organe législatif de la Transition ont adopté à l’unanimité un projet de loi modifiant la Loi de Finances 2026. Cette révision budgétaire vise notamment à financer un vaste programme de construction et de transformation d’infrastructures sanitaires à travers le pays.
Présidée par l’honorable Malick Diaw, président de l’institution, cette rencontre a été consacrée à l’examen du projet de loi portant modification de la Loi n°2025-056 du 18 décembre 2025 relative à la Loi de Finances pour l’exercice 2026.
Porté par le Ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, le texte avait préalablement été adopté en Conseil des ministres lors de sa séance du 3 juillet 2026 avant d’être soumis à l’appréciation des conseillers nationaux. À travers cette modification budgétaire, les autorités entendent accélérer la modernisation du système sanitaire national en engageant un important programme d’investissements sur ressources internes. Le projet prévoit la construction et la transformation de quinze infrastructures sanitaires stratégiques réparties sur l’ensemble du territoire national. Parmi les principales mesures figurent la transformation des Centres de santé de référence (CSRéf) des communes du district de Bamako en véritables hôpitaux de district modernes, capables d’offrir des services de santé plus spécialisés et de répondre efficacement à la demande croissante de soins dans la capitale. Le texte prévoit également la construction de deux nouveaux hôpitaux de district dans les localités de Kangaba et de Bla, contribuant ainsi au renforcement de l’offre de soins de proximité.
À cela s’ajoute la création de sept nouveaux hôpitaux régionaux dans les villes de Koulikoro, San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro et Bandiagara. Ces infrastructures devraient permettre d’améliorer l’accès aux soins spécialisés dans les régions et de réduire la pression exercée sur les structures hospitalières déjà existantes.
À l’issue de l’examen du texte, la Commission des Finances, de l’Économie, du Plan, de la Promotion du Secteur privé et des Industries a formulé plusieurs recommandations à l’endroit du Gouvernement. Les commissaires ont notamment insisté sur la nécessité de respecter les dispositions de la loi organique relative aux lois de Finances en informant sans délai le Parlement de toute ouverture de crédits supplémentaires par décret d’avance. Ils recommandent également la soumission d’un projet de loi de finances portant ratification de ces crédits dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire. La Commission a par ailleurs demandé au Gouvernement de produire, à travers la Direction générale de l’administration des biens de l’État (DGABE), des situations périodiques sur les ressources générées par la cession des bâtiments de l’État. Cette mesure vise à renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques et à assurer un meilleur suivi des recettes mobilisées.
Après les débats et les échanges entre les différentes parties prenantes, le projet de loi a été adopté à l’unanimité par les membres présents. Au total, 121 conseillers nationaux ont voté en faveur du texte, traduisant un large consensus autour de la nécessité de renforcer les capacités du système de santé malien à travers des investissements structurels d’envergure.
Cette adoption marque une nouvelle étape dans la politique de modernisation des infrastructures sanitaires engagée par les autorités de la Transition. À terme, ces investissements devraient contribuer à améliorer l’accessibilité des soins, renforcer l’offre hospitalière dans les régions et rapprocher davantage les services de santé des populations.
Fatoumata Traoré
