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Mali: une levée de fonds de 55 milliards réussie malgré les attaques du 25 avril

Le 29 avril 2026, Bamako a marqué un nouveau succès sur le marché régional UMOA-Titres en mobilisant 55 milliards FCFA, dépassant son objectif initial de 50 milliards. Cette performance, survenue quelques jours après les attaques simultanées du 25 avril, illustre la résilience du marché financier malien et la confiance persistante des investisseurs, malgré un climat sécuritaire préoccupant.

À travers une émission combinée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT), les autorités de Transition ont attiré des soumissions totalisant 86,96 milliards FCFA, soit un taux de couverture exceptionnel de 173,84 %. Face à cette demande, le Trésor a retenu 55 milliards FCFA, correspondant à un taux d’absorption de 63,24 %, confirmant une stratégie prudente et sélective.

La répartition des souscriptions met en évidence la prédominance des investisseurs maliens, qui ont apporté 43,1 milliards FCFA. Les autres contributions proviennent du Burkina Faso (4,4 milliards), de la Guinée-Bissau (4 milliards), de la Côte d’Ivoire (3,52 milliards) et du Sénégal (0,2 milliard). Cette forte participation nationale illustre la capacité du marché intérieur à soutenir l’État, même dans un environnement régional concurrentiel.

Selon Sika Finance, le BAT à 364 jours a concentré l’essentiel de l’intérêt, avec 13,64 milliards FCFA de soumissions et un rendement moyen pondéré de 5,12 %. Le Trésor a privilégié les maturités de trois à cinq ans, confirmant une volonté de consolider un financement à moyen terme et de réduire la dépendance aux emprunts de court terme.

« Le fait que plus de 80 % des liquidités mobilisées proviennent d’investisseurs maliens traduit une confiance interne remarquable. Malgré les attaques du 25 avril et l’insécurité grandissante, les acteurs économiques nationaux continuent de croire en la résilience de l’État et en sa capacité à stabiliser les finances publiques», un économiste malien ajoutant que cette sursouscription domestique réduit la vulnérabilité face aux capitaux étrangers et renforce la souveraineté financière du pays.

« C’est un signal fort : le Mali démontre que son marché intérieur peut constituer un pilier de financement durable, même dans un contexte politique et sécuritaire fragile », conclut-t-il.

Pour les observateurs, au-delà des chiffres, cette opération illustre la capacité du Mali à mobiliser ses propres ressources pour financer ses besoins budgétaires. Elle conforte la crédibilité du Trésor sur le marché régional et envoie un message clair : malgré les turbulences sécuritaires, les investisseurs en particulier maliens continuent de faire confiance à l’État.

Souleymane Coulibaly

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