La Côte d’Ivoire a réussi une nouvelle levée de fonds sur le marché régional de la dette publique de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA), en mobilisant 110 milliards FCFA à l’issue d’une émission simultanée de bons et obligations assimilables du Trésor. Ce montant dépasse l’objectif initial fixé à 100 milliards FCFA, confirmant la solidité de la stratégie ivoirienne de gestion de la dette à moyen et long terme.
L’opération a suscité un vif engouement. Les soumissions globales ont atteint 225,19 milliards FCFA, soit plus du double du montant recherché. Le taux de couverture s’est ainsi établi à 225,19 %, traduisant la confiance des investisseurs dans la signature ivoirienne.
Toutefois, les autorités ont retenu seulement 110 milliards FCFA, ce qui correspond à un taux d’absorption de 48,85 %. Cette sélectivité illustre la volonté de l’État de contenir le coût de son endettement.
Obligations assimilables du Trésor (OAT) à 3 ans : 142,53 milliards FCFA, montant retenu 66,04 milliards FCFA OAT à 5 ans : 41,7 milliards FCFA, montant retenu 40,96 milliards FCFA, Bons assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours : 41,7 milliards FCFA, montant retenu : 3 milliards FCFA
Les rendements moyens pondérés reflètent une dynamique contrastée : BAT à un an : 3,74 %, en baisse par rapport à la précédente émission (3,85 %). OAT à 3 ans : 6,39 %, contre 6,44 % auparavant. OAT à 5 ans : 7,10 %, en légère hausse par rapport à 7,06 %. Cette évolution traduit à la fois l’attrait des investisseurs pour les maturités courtes et la prime de risque associée aux échéances plus longues.
Les investisseurs basés en Côte d’Ivoire ont largement dominé l’opération, avec plus de 134,5 milliards FCFA de soumissions sur les OAT à trois ans et près de 28,1 milliards FCFA sur les titres à cinq ans. Cette prédominance confirme le rôle central du marché ivoirien dans les levées régionales.
Cette mobilisation intervient dans un environnement économique marqué par les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient et le recul de l’aide publique au développement. Elle démontre la capacité de la Côte d’Ivoire à sécuriser des ressources financières régionales pour soutenir son programme de développement et renforcer sa résilience.
Aminata Dembélé
