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UMOA: les États mobilisent 202 milliards FCFA malgré des coûts de financement contrastés

Le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a une nouvelle fois démontré sa solidité et son attractivité au cours de la période du 6 au 9 octobre 2026. À travers trois opérations successives menées par la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Sénégal, les investisseurs ont affiché un intérêt soutenu pour les émissions souveraines, permettant aux États concernés de mobiliser au total 202,38 milliards de FCFA, au-delà de l’objectif global de 200 milliards de FCFA initialement recherché. Cette performance illustre la confiance persistante du marché envers les signatures souveraines de l’Union.

Les investisseurs ont en effet soumis 285,76 milliards de FCFA, soit près de 43 % de plus que les besoins exprimés. Le taux de couverture global s’est ainsi établi à 142,88 %, témoignant d’une abondante liquidité et d’un appétit toujours marqué pour les instruments de dette publique régionaux. Malgré cette forte demande, les États ont maintenu une politique de sélection rigoureuse des offres afin de maîtriser leurs coûts de financement. Le taux d’absorption global ressort ainsi à 70,82 %, traduisant une certaine prudence des émetteurs face aux niveaux de rendement exigés par les investisseurs. Les obligations assimilables du Trésor (OAT) ont largement dominé les levées de fonds, représentant 177,68 milliards de FCFA, soit près de 88 % des montants mobilisés. Les bons assimilables du Trésor (BAT) ont quant à eux contribué à hauteur de 24,70 milliards de FCFA, confirmant la préférence des États pour des financements à plus longue maturité.

L’analyse des rendements révèle toutefois des conditions de financement contrastées selon les émetteurs. Sur l’échéance de trois ans, la Côte d’Ivoire a bénéficié du coût d’emprunt le plus faible avec un rendement moyen pondéré de 6,40 %, contre 7,01 % pour le Burkina Faso et 8,16 % pour le Sénégal.

L’opération ivoirienne constitue incontestablement le fait marquant de cette séquence. Le 6 octobre, le Trésor public ivoirien a réalisé une première historique en lançant la toute première OAT à 20 ans sur le marché régional de l’UMOA. Cette innovation financière, qui contribue à l’allongement de la courbe des maturités du marché régional, a rencontré un vif succès auprès des investisseurs. Sur un objectif initial de 80 milliards de FCFA, l’État ivoirien a finalement mobilisé 88 milliards de FCFA, grâce à des soumissions totalisant 127,99 milliards de FCFA.

La nouvelle obligation à vingt ans a particulièrement séduit le marché. Sur 51,99 milliards de FCFA proposés, 51,49 milliards de FCFA ont été retenus, correspondant à un taux d’absorption exceptionnel de 99,04 %. Le rendement moyen pondéré s’est établi à 7 %, reflétant la confiance des investisseurs dans les perspectives de long terme de l’économie ivoirienne. L’émission comprenait également des OAT de 3 ans, 5 ans et 7 ans, ainsi qu’un BAT à un an. Aucun montant n’a toutefois été retenu sur ce dernier compartiment. Les OAT à 3 ans ont permis de lever 12,51 milliards de FCFA, celles à 5 ans 19 milliards de FCFA et celles à 7 ans 5 milliards de FCFA, avec des rendements respectifs de 6,40 %, 7,06 % et 7,18 %.

Le Burkina Faso a, pour sa part, enregistré la plus forte demande de la semaine. Lors de son adjudication du 7 octobre, le Trésor burkinabè recherchait 40 milliards de FCFA, mais les investisseurs ont soumis 73,35 milliards de FCFA, soit près du double du montant sollicité.

Cette opération a affiché un taux de couverture remarquable de 183,38 %, le plus élevé des trois émissions. Soucieux de préserver des conditions de financement compatibles avec sa stratégie budgétaire, l’État burkinabè n’a retenu qu’une partie des offres reçues, ce qui a ramené le taux d’absorption à 54,53 %. Les rendements moyens pondérés se sont établis à 3,73 % pour le BAT à un an, 7,01 % pour l’OAT à trois ans, 7,44 % pour l’OAT à cinq ans et 7,39 % pour l’OAT à sept ans.

Le Sénégal a clôturé cette série d’adjudications le 9 octobre avec une émission de 74,38 milliards de FCFA pour un objectif initial de 80 milliards de FCFA. Les souscriptions ont atteint 84,41 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 105,51 %. L’État sénégalais a retenu une large part des offres reçues, affichant un taux d’absorption de 88,12 %, le plus élevé parmi les trois opérations.

Dans le détail, les montants levés se répartissent entre 20,70 milliards de FCFA sur le BAT à 364 jours, 6,48 milliards de FCFA sur l’OAT à trois ans et 47,20 milliards de FCFA sur l’OAT à cinq ans. Les rendements obtenus demeurent toutefois les plus importants de la période, avec 7,87 % sur le BAT, 8,16 % sur l’OAT à trois ans et 7,82 % sur l’OAT à cinq ans.

Au terme de cette semaine d’opérations, le marché régional des titres publics confirme son rôle central dans le financement des économies de l’UEMOA. La forte mobilisation des investisseurs met en évidence la profondeur croissante du marché et la disponibilité de ressources importantes pour accompagner les besoins de financement des États.

Souleymane Coulibaly

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