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UMOA : des crédits orientés vers le commerce, soutenus par un réseau bancaire en expansion

En 2025, la Commission Bancaire de l’UMOA a révélé une distribution des financements qui confirme la prépondérance du secteur tertiaire dans l’économie régionale. Les commerces, restaurants et hôtels captent à eux seuls 30 % des crédits bancaires, suivis des services à la collectivité et services sociaux avec 24 %. Ensemble, ces deux secteurs absorbent plus de la moitié des financements, traduisant une priorité donnée aux activités à rotation rapide et à forte demande.

Les industries manufacturières (12 %), les transports et communications (9 %), ainsi que les bâtiments et travaux publics (8 %) occupent une place intermédiaire, reflétant une dynamique industrielle et infrastructurelle encore en construction. En revanche, les secteurs stratégiques de l’agriculture et de l’énergie restent marginalisés, avec seulement 7 % des crédits cumulés, malgré leur rôle vital pour la sécurité alimentaire et la transition énergétique.

Cette orientation des financements s’inscrit dans un contexte marqué par la densification du tissu bancaire. La liste PI‑SPI, mise à jour au 31 juillet 2026, recense plus d’une centaine d’institutions financières réparties dans les huit pays membres de l’UMOA.

La Côte d’Ivoire (23 établissements) et le Sénégal (24) dominent en nombre, suivis du Burkina Faso (13) et du Mali (14). Les grands groupes panafricains Ecobank, BOA, UBA, Coris Bank, Orabank côtoient des acteurs spécialisés comme Baobab, Cofina, ACEP, ainsi que les plateformes de mobile money (Orange, MTN, Moov). Cette diversité illustre une bancarisation progressive et une ouverture vers les services financiers numériques.

Si la concentration des crédits sur le commerce et les services assure une rentabilité immédiate, elle soulève des interrogations sur la durabilité de la croissance. Le faible financement de l’agriculture et de l’énergie pourrait limiter la résilience économique et accentuer la dépendance extérieure.

Pour les décideurs, le défi est double : canaliser l’expansion du réseau bancaire vers les secteurs productifs et favoriser une finance inclusive, capable de soutenir à la fois l’innovation, la sécurité alimentaire et la transition énergétique.

Souleymane Coulibaly

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