La Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a tenu, mardi 19 mai à Dakar, la 11e édition de sa revue annuelle consacrée aux réformes, politiques, programmes et projets communautaires. Instituée par un Acte additionnel de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement en octobre 2013, cette rencontre s’est imposée comme un instrument de suivi et d’évaluation des engagements pris par les États membres. Elle permet de vérifier, année après année, l’avancée des chantiers communs et leur contribution aux objectifs du Traité de l’Union.
Pour l’exercice 2025, le Sénégal affiche un taux moyen de mise en œuvre des réformes de 76,45 %, contre 78,59 % en 2024. L’évaluation a porté sur 145 réformes, soit treize de plus que l’année précédente. Cette baisse de 2,14 points de pourcentage traduit des difficultés ponctuelles, notamment dans les domaines de la gouvernance économique et de la convergence (-1,3 point), ainsi que dans les réformes sectorielles (-6,03 points).
Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a expliqué que le retard dans la transmission du rapport 2024 du Guichet unique de dépôt des finances publiques (Gudef) à la Commission a pesé sur les résultats. De même, le recul marqué dans les secteurs de la culture et du tourisme (-15,10 points), ainsi que dans l’artisanat, la qualité et le climat des affaires (-34,75 points), a contribué à cette contreperformance.
Malgré ces replis, des progrès significatifs ont été enregistrés. L’harmonisation du cadre juridique, comptable et statistique des finances publiques a progressé (+1,88 point), l’Union douanière a gagné en efficacité (+4,55 points), et les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’environnement ont connu une amélioration (+2,12 points). Les domaines du développement humain et social (+6,58 points), ainsi que de l’énergie et des mines (+3,33 points), ont également affiché des résultats encourageants.
Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’UEMOA, s’est félicité de la qualité du travail accompli dans une atmosphère de fraternité et de professionnalisme. Selon lui, cette revue annuelle constitue un levier stratégique pour renforcer l’intégration économique et consolider la confiance entre les institutions communautaires et les États membres. Elle offre aux instances exécutives de l’Union un cadre d’évaluation des actions communes et de suivi des engagements pris.
Le ministre Cheikh Diba a rappelé que les résultats obtenus depuis le lancement de la revue sont le fruit de la mobilisation des administrations sénégalaises et de l’appui constant des plus hautes autorités. La tenue régulière de ces exercices, sous la conduite de la Commission de l’UEMOA, contribue à maintenir le cap et à inscrire les réformes dans une logique de continuité.
Fatoumata Traoré
