Réunis le 21 mai, les députés de la Commission des Affaires Économiques et Financières (CAEF) de l’Assemblée nationale ont validé trois textes majeurs présentés par le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly. Ces réformes touchent à la fiscalité, à l’énergie et à l’agriculture, traduisant la volonté du gouvernement de renforcer la compétitivité nationale tout en consolidant la position de la Côte d’Ivoire comme acteur régional.
Le premier projet de loi modifie l’article 411 du Code général des Impôts. Il concerne la Taxe de Soutien au Développement de l’Activité de Raffinage (TSDAR), instaurée en 2018 pour apurer la dette de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR). Avec le remboursement intégral du prêt en juin 2025, l’État choisit désormais de rediriger une partie des recettes de cette taxe vers le secteur de l’électricité, confronté à des besoins massifs d’investissement pour moderniser et étendre le réseau.
« Le secteur de l’électricité fait face à plusieurs difficultés… Il a donc été décidé de réaffecter le produit de cette taxe au financement des investissements nécessaires », a expliqué le ministre.
Le deuxième texte institue le Millennium Challenge Account-Côte d’Ivoire Régional (MCA-CI Régional), chargé de mettre en œuvre le Compact régional Énergie conclu avec le Millennium Challenge Corporation (MCC).
Cet accord prévoit un don de 322,5 millions de dollars (≈180 milliards FCFA) destiné à intensifier les échanges d’électricité en Afrique de l’Ouest.
Cette structure vise à positionner la Côte d’Ivoire comme hub énergétique régional, en renforçant les capacités des acteurs et en soutenant la modernisation du réseau électrique.
Le troisième projet de loi introduit un taux réduit de TVA de 9 %, contre 18 % auparavant, sur des produits stratégiques tels que : fibres de jute et de sisal, aliments pour bétail, engrais, intrants agricoles spécifiques.
Cette mesure vise à limiter l’impact de la réforme fiscale sur les coûts de production et les prix à la consommation, tout en encourageant les opérateurs agricoles et avicoles à développer leurs activités.
« Nous avons décidé de ramener ce taux à 9 % afin d’éviter une éventuelle hausse des prix supportée par les populations », a précisé Adama Coulibaly.
À travers ces trois textes, le gouvernement affiche une double ambition : soutenir durablement le secteur énergétique, en mobilisant des ressources internes et des partenariats internationaux ; préserver la compétitivité des filières agricoles et avicoles, essentielles à la sécurité alimentaire et à l’emploi.
Ces réformes traduisent une orientation claire : investir dans l’avenir énergétique du pays tout en protégeant le pouvoir d’achat des populations.
Moussa Traoré
