L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté à l’unanimité, avec 127 voix pour, le Projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des Infrastructures d’Information Critiques (IIC) et à la sécurité numérique. Ce texte marque une étape décisive dans la consolidation du dispositif juridique national en matière de cybersécurité et dans la préservation des intérêts stratégiques du pays à l’ère du numérique.
Dans un environnement mondial marqué par la multiplication des cyberattaques, la sophistication des menaces informatiques et la dépendance croissante aux infrastructures numériques, cette loi vise à garantir la sécurité et la résilience des réseaux et systèmes d’information essentiels au fonctionnement du pays.
Sa finalité est claire : préserver la sécurité globale du Sénégal, protéger ses intérêts souverains et renforcer la capacité de l’État à anticiper, prévenir et répondre aux menaces numériques.
Le texte fixe un cadre de référence en matière de sécurité des systèmes d’information. Il détermine les normes et standards de sécurité applicables à l’État, aux particuliers et aux organisations privées.
Les exploitants d’Infrastructures d’Information Critiques sont désormais soumis à des obligations spécifiques, sous le contrôle des autorités administratives compétentes et de l’Autorité nationale de Cybersécurité.
La loi encadre également la fourniture de services et produits de cybersécurité, et institue un régime de sanctions administratives et pénales destiné à assurer l’effectivité des obligations prévues.
Le dispositif couvre les réseaux et systèmes d’information servant de support à des activités exercées au Sénégal et établis, totalement ou partiellement, sur le territoire national.
Il peut aussi s’appliquer à certains services numériques fournis depuis l’étranger, via des équipements situés hors du pays, dans le cadre de règlements spécifiques ou d’accords de coopération internationale.
Le texte prend en compte les engagements internationaux du Sénégal : lorsque le fonctionnement de certains réseaux est régi par un accord international, la loi s’applique uniquement dans la mesure où cet accord le permet.
L’adoption de cette loi illustre la volonté du Sénégal de se doter d’un arsenal juridique robuste face aux menaces numériques. Elle traduit une double ambition :
Renforcer la souveraineté numérique en protégeant les infrastructures critiques qui soutiennent l’économie, la sécurité et les services publics.
S’inscrire dans le multilatéralisme numérique, en harmonisant son cadre légal avec les standards internationaux tout en affirmant ses propres priorités stratégiques.
Ce texte constitue une avancée majeure pour la cybersécurité nationale, en plaçant le Sénégal parmi les États africains qui anticipent les enjeux de la sécurité numérique comme un pilier de leur développement et de leur stabilité.
Nana Touré
