À l’occasion du lancement de la plateforme internationale des emprunteurs, initiée sous l’égide des Nations Unies dans le cadre de l’Engagement de Séville, le ministre des Finances et du Budget de la République centrafricaine, Hervé Ndoba, a livré une déclaration marquante. Son intervention a réaffirmé la volonté de son pays de contribuer à une refonte du système financier mondial, plus juste et inclusif.
Le ministre Ndoba a salué le rôle du Secrétaire général des Nations Unies ainsi que l’engagement des coprésidents du Groupe de travail, l’Égypte et le Pakistan. Selon lui, la création de cette plateforme constitue une étape décisive pour renforcer la coordination des pays emprunteurs, à condition que sa représentativité soit garantie et que son opérationnalisation soit rapide.
Face à l’aggravation des situations d’endettement et aux chocs économiques multiples, Hervé Ndoba a appelé à une révision profonde du Cadre commun du G20. Il a proposé : la suspension du service de la dette pour les pays en restructuration, une approche intégrée entre créanciers publics et privés, et l’application d’une formule de comparabilité des traitements afin d’accélérer les négociations et d’assurer l’équité.
Le ministre a insisté sur la nécessité de concevoir des mécanismes financiers innovants, intégrant des clauses de suspension automatique en cas de crises majeures ou de catastrophes naturelles. Il a également invité le FMI et la Banque mondiale à revoir leur cadre d’analyse de viabilité de la dette, pour l’orienter davantage vers la solvabilité à long terme.
Hervé Ndoba a exhorté les banques multilatérales de développement à intensifier leurs investissements dans le capital humain et les infrastructures socioéconomiques. Selon lui, la dette doit devenir un moteur de transformation et de stabilité, en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable, la transition écologique et la consolidation de la paix.
Abdoulaye Cissé
