C’est l’heure de vérité pour les finances publiques centrafricaines. La préparation du Projet de Loi de Finances 2027 de la République centrafricaine est entrée dans sa phase décisive, ce mercredi 30 septembre 2026, avec l’ouverture solennelle des conférences budgétaires. L’exercice s’est ouvert sur les propositions budgétaires de la Présidence de la République, avant de s’étendre méthodiquement aux institutions de la République puis à l’ensemble des départements ministériels.
Temps fort du calendrier budgétaire national, cet exercice ne se réduit pas à une simple compilation des besoins. Il s’agit d’un processus d’arbitrage et de rationalisation de la dépense, d’une confrontation rigoureuse entre les demandes parfois exponentielles des administrations et les ressources réellement disponibles, les plafonds de dépenses et les priorités stratégiques arrêtées pour 2027.La démarche s’inscrit pleinement dans la dynamique de consolidation des finances publiques, en cohérence parfaite avec le Plan National de Développement et les engagements pris avec les Partenaires Techniques et Financiers.
Elle intervient dans un environnement international particulièrement incertain croissance mondiale modérée, tensions géopolitiques persistantes, volatilité des prix de l’énergie, fragmentation des échanges qui commande anticipation, prudence et sélectivité extrêmes.
Pour 2027, les orientations sont limpides et placent la mobilisation des ressources intérieures et la qualité de la dépense au cœur de la stratégie de l’État. Le cadrage macroéconomique projette une croissance nationale à 2,7% et une inflation contenue à 3,3%, l’activité devant être portée par les locomotives que sont l’agriculture et les chaînes de valeur agroalimentaires, les secteurs forestier et minier, les infrastructures, les services et la reprise de l’investissement. La politique budgétaire à moyen terme vise quatre piliers : Renforcer durablement les recettes, réduire les arriérés intérieurs, maîtriser les risques budgétaires et préserver la soutenabilité de la dette. Pour y parvenir, l’État s’appuiera sur des leviers modernes : la digitalisation des régies financières, la sécurisation des recettes, l’élargissement de l’assiette fiscale et la lutte implacable contre la fraude.
La philosophie du Budget 2027 repose enfin sur une allocation plus stratégique des ressources : non une réduction indistincte et aveugle des dépenses, mais une hiérarchisation rigoureuse des priorités. Les crédits seront orientés prioritairement vers les dépenses essentielles, la protection sociale, les investissements à fort impact, la sécurité alimentaire et les infrastructures de connectivité, d’énergie, d’eau, de santé et d’éducation. Exigence nouvelle : les projets devront présenter une maturité technique et financière suffisante, et toute mesure nouvelle devra être rigoureusement documentée, justifiée et chiffrée. Finie la logique de reconduction automatique.
En passant successivement en revue les propositions de la Présidence, des institutions et des ministères, l’administration budgétaire entend faire de la préparation du Budget 2027 un véritable instrument de pilotage stratégique : des arbitrages mieux étayés, des prévisions plus sincères, une convergence assumée entre les besoins des administrations et les capacités réelles de financement. Dans un calendrier exigeant, la rigueur dans la formulation des besoins et la qualité de la programmation resteront déterminantes. Au-delà de sa dimension technique, l’exercice engage une responsabilité collective : faire de chaque franc public un levier au service des priorités nationales et de la stabilité des finances de l’État.
Moussa Traoré
