La loi de finances initiale pour l’exercice 2026 avait fixé des objectifs particulièrement ambitieux, avec des prévisions de 2 934,8 milliards FCFA de recettes contre 3 455,3 milliards FCFA de dépenses, laissant entrevoir un déficit anticipé de 520,4 milliards FCFA. Cependant, à mi‑parcours, la trajectoire budgétaire présentée par le ministre de l’économie et des finances s’est révélée bien plus favorable que prévu. En effet, au 30 juin 2026, l’État enregistre un excédent de 256,3 milliards FCFA hors Fonds de soutien, et de 306,7 milliards FCFA en l’intégrant. Ce retournement spectaculaire illustre à la fois une mobilisation accrue des ressources et une discipline renforcée dans l’exécution des dépenses, traduisant une gestion plus rigoureuse et une meilleure efficacité des régies financières.
Au 30 juin 2026, les recettes du budget général atteignent 1 814,2 milliards FCFA, soit 61,8 % des prévisions annuelles. Ce niveau de recouvrement traduit une mobilisation vigoureuse des régies financières et une efficacité accrue dans la collecte des ressources.
La Direction Générale des Impôts (DGI) se positionne comme le pilier central, avec 844,0 milliards FCFA, représentant près de 49 % des recettes totales. Elle confirme son rôle stratégique dans la consolidation des finances publiques. La Direction Générale des Douanes (DGD) contribue à hauteur de 533,6 milliards FCFA, soit 31 % des recettes, consolidant sa place comme acteur incontournable du financement de l’État. La Direction Générale des Domaines et du Cadastre (DGDC) réalise une performance exceptionnelle : 334,7 milliards FCFA, soit 124 % des prévisions, illustrant une meilleure valorisation du patrimoine domanial et une surperformance spectaculaire.
En revanche, la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) reste marginale avec 19,1 milliards FCFA, soit 1,1 % des recettes, confirmant la nécessité de renforcer son rôle dans la mobilisation des ressources. Le Fonds de soutien apporte 88,9 milliards FCFA, représentant 4,9 % des recettes, contribuant au financement des projets d’infrastructures et de développement social.
Selon le document pour la même période, les dépenses liquidées du budget général s’élèvent à 1 507,5 milliards FCFA, soit 43,6 % des prévisions annuelles. Ce niveau d’exécution traduit une gestion prudente et un rythme maîtrisé dans la consommation des crédits.
Les dépenses ordinaires dominent avec 1 159,3 milliards FCFA, correspondant à 46,3 % des prévisions. Elles se répartissent comme suit : Personnel : 562,3 milliards FCFA, soit 49,6 % des crédits et 37 % des dépenses totales. Cette charge illustre le poids structurel des rémunérations dans le budget. Biens et services : 409,0 milliards FCFA, représentant 62,1 % des crédits prévus, signe d’une intensification des dépenses de fonctionnement. Transferts et subventions : 186,8 milliards FCFA, soit 41,2 % des prévisions, traduisant une rationalisation des appuis financiers aux institutions et collectivités. Les dépenses en capital atteignent 348,2 milliards FCFA, soit 36,6 % des prévisions annuelles. Elles témoignent d’une montée en puissance des investissements publics, notamment dans les infrastructures, confirmant la volonté de l’État de soutenir la croissance par des projets structurants.
À mi‑exercice 2026, la situation des finances publiques du Mali traduit un retournement majeur. Alors que la loi de finances initiale anticipait un déficit de 520,4 milliards FCFA, l’État enregistre au 30 juin un excédent de 256,3 milliards FCFA hors Fonds de soutien, contre un déficit de 233,7 milliards
FCFA à la même période en 2025. En intégrant le Fonds de soutien aux projets d’infrastructures et de développement social, l’excédent grimpe à 306,7 milliards FCFA, confirmant une trajectoire budgétaire résolument positive.
Les besoins de financement se sont établis à 492,1 milliards FCFA, mais les ressources mobilisées atteignent 760,2 milliards FCFA, soit un niveau largement supérieur. Cette performance est essentiellement portée par les émissions de titres du Trésor, qui représentent 724,2 milliards FCFA, traduisant une forte capacité de l’État à lever des fonds sur le marché domestique.
L’exécution des crédits budgétaires par institution met en évidence une allocation différenciée des ressources, reflétant les priorités de l’État et la nécessité de rationaliser les dépenses publiques.
Assemblée Nationale : 8,2 milliards FCFA liquidés, traduisant le financement du fonctionnement parlementaire et des activités législatives. Présidence de la République : 8,2 milliards FCFA, confirmant une enveloppe similaire à celle de l’Assemblée, centrée sur les charges de souveraineté. Primature : 4,6 milliards FCFA, affectés à la coordination de l’action gouvernementale et aux services administratifs. Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) : 4,0 milliards FCFA, illustrant l’importance accordée à la préparation et à l’organisation des scrutins. Cour Suprême : 2,3 milliards FCFA, destinés au fonctionnement de la plus haute juridiction.
Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : 37,7 milliards FCFA, soit la dotation la plus élevée parmi ces institutions, reflétant le poids des engagements diplomatiques et des actions de coopération.
Le premier semestre 2026 marque une étape décisive pour les finances publiques du Mali. Alors que la loi de finances initiale anticipait un déficit de 520,4 milliards FCFA, l’État affiche désormais un excédent inédit de 256,3 milliards FCFA hors Fonds de soutien, et de 306,7 milliards FCFA en l’intégrant. Ce basculement illustre une mobilisation accrue des recettes fiscales et domaniales, conjuguée à une discipline renforcée dans l’exécution des dépenses.
Souleymane Coulibaly
