Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu la deuxième et dernière revue du programme de référence engagé avec le Mali en mars 2025. L’institution internationale estime que la mise en œuvre de ce cadre de suivi a été satisfaisante, malgré un environnement marqué par des défis sécuritaires et humanitaires.
Selon le FMI, les autorités maliennes ont atteint l’ensemble des objectifs quantitatifs et indicatifs fixés : dépenses sociales prioritaires, mobilisation des recettes fiscales, réduction des arriérés intérieurs et extérieurs, maîtrise du déficit budgétaire primaire. Les repères structurels ont également été respectés, notamment la digitalisation des procédures fiscales, l’interconnexion des administrations et l’élaboration d’un plan d’action pour recenser les comptes publics. Le programme de référence a permis de renforcer la transparence budgétaire. Dans son communiqué, le FMI précise que les autorités de Transition ont publié un rapport détaillé sur l’utilisation des ressources issues de la facilité de crédit rapide accordée en avril 2025, incluant des informations sur les marchés publics et les bénéficiaires effectifs.
Après une année 2025 marquée par la baisse de la production aurifère et des perturbations dans l’approvisionnement en carburant dues à des attaques terroristes, l’économie malienne montre des signes de reprise. L’institution financière internationale souligne que la croissance devrait s’accélérer en 2026, portée par la relance de la production d’or, la résolution du différend minier et l’amélioration de la sécurité intérieure.
À la lumière de ces résultats tangibles, le FMI prévoit que les recettes budgétaires atteindront 5,3 milliards de dollars en 2026, tandis que l’inflation devrait rester contenue sous la barre des 3 %. Le budget adopté pour 2026 respecte le plafond de déficit fixé par l’UEMOA (3 % du PIB), grâce à une mobilisation accrue des recettes intérieures et à une gestion prudente des dépenses.
Si les perspectives sont encourageantes, le FMI insiste néanmoins sur la nécessité de maintenir une politique budgétaire prudente, dans un contexte de coûts d’emprunt élevés et de besoins persistants en matière de sécurité et de développement. Les réformes prioritaires incluent : l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement des administrations fiscales et douanières, l’amélioration de la gestion des finances publiques, la réduction de la vulnérabilité des entreprises publiques, la préservation de l’espace budgétaire pour l’investissement et la protection des ménages vulnérables.
Le FMI félicite les autorités maliennes pour leur engagement et souligne que le programme de référence a servi de plateforme de dialogue sur les politiques économiques. Il a contribué à renforcer les capacités institutionnelles et à soutenir la stabilité macroéconomique. L’institution s’engage à poursuivre sa collaboration avec le Mali afin d’accompagner les réformes et de répondre aux priorités économiques du pays.
Souleymane Coulibaly
