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Nigeria: le taux directeur hissé à 27,25% pour sauver le Naira et terrasser l’inflation

La Banque Centrale du Nigeria (CBN) a dégainé l’arme ultime contre le spectre qui hante la première économie d’Afrique. En vue de juguler une inflation galopante et de redonner de la vigueur à une monnaie nationale en perdition, le Naira, l’institution a frappé fort. À l’issue de sa réunion de politique monétaire tenue ce mardi 24 septembre 2024, le Comité de Politique Monétaire (MPC) a décidé d’augmenter son taux directeur de 50 points de base, le faisant passer de 26,75% à 27,25%.C’est la cinquième hausse consécutive depuis le début de l’année, et un niveau record qui place le Nigeria parmi les économies aux taux les plus restrictifs au monde.

Cette décision, bien que douloureuse pour l’économie réelle, poursuit une logique implacable et un double dessein stratégique.  Avec une inflation flirtant avec les 32-34%, alimentée par la suppression des subventions sur le carburant, la dévaluation du Naira et l’insécurité alimentaire, le pouvoir d’achat des Nigérians est laminé. En augmentant le taux auquel elle prête aux banques commerciales, la CBN rend le crédit plus cher, assèche la liquidité en circulation et incite à l’épargne, afin de briser la spirale des prix. La monnaie nigériane a perdu plus de 70% de sa valeur face au dollar depuis la libéralisation de juin 2023. En offrant un rendement de 27,25%, la CBN espère rendre les actifs libellés en Naira extrêmement attractifs, attirer les capitaux étrangers, enrayer la dollarisation de l’économie et stopper l’hémorragie sur le marché des changes.

Pour rappel, le taux directeur est le taux d’intérêt de référence auquel la Banque Centrale prête de l’argent aux banques commerciales. C’est le thermomètre de la politique monétaire. Quand il augmente, toutes les banques augmentent à leur tour les taux des crédits aux entreprises et aux ménages, et les taux de rémunération de l’épargne. C’est donc un frein puissant à la consommation et à l’investissement, mais c’est le prix à payer, selon la CBN, pour restaurer la stabilité macroéconomique.

Nana Touré

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