Le Niger et la Chine ont franchi une étape décisive dans leur partenariat énergétique. La signature de plusieurs protocoles d’accord, le 16 mai 2026 à Niamey, sous la présidence du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, marque une intensification de la coopération dans le secteur des hydrocarbures. Les engagements portent sur la réduction des coûts, l’augmentation de la participation nigérienne et la création d’emplois locaux.
Le Premier ministre a salué un « moment majeur » pour les relations bilatérales. Il a rappelé que les discussions ont été menées par un comité institutionnel présidé par le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, sur mandat du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahmane Tiani. Ce processus, entamé en juin 2025 en Chine, a abouti à des compromis jugés favorables aux intérêts du Niger, notamment en matière de contenu local et de valorisation des revenus pétroliers.
Parmi les avancées annoncées : réduction du tarif de transport du pipeline : de 27 à 15 dollars par baril, générant plus de 106 millions USD d’économies annuelles. Participation de l’État nigérien dans WAPCO : désormais fixée à 45 %, contre zéro auparavant. Rapatriement des revenus pétroliers : une mesure destinée à renforcer l’économie nationale et les institutions financières.
Les accords prévoient une augmentation substantielle du taux de nigérisation dans les sociétés pétrolières : CNPCNP : 60 % des postes de management et 90 % de l’effectif global confiés à des Nigériens. WAPCO : 60 % des postes de direction et 80 % des postes d’exécution réservés aux nationaux. SORAZ : objectif de 85 % d’opérationnalisation de la raffinerie par du personnel nigérien.
D’ici 2030, 452 nouveaux emplois devraient être créés au profit des Nigériens. Les accords incluent également l’harmonisation des salaires entre expatriés et nationaux.
Un investissement global d’un milliard USD est prévu pour relancer les projets pétroliers de Dinga Deep et Abolo-Yogou. Ces investissements devraient porter la production nationale de 110 000 à 145 000 barils/jour d’ici 2029.
Par ailleurs, une étude de faisabilité sur le potentiel gazier du Niger (estimé à 23 milliards de m³) sera lancée dans les six prochains mois, ouvrant des perspectives dans la production d’électricité, d’engrais et de gaz domestique.
Les autorités nigériennes ont insisté sur la mise en place d’un mécanisme de suivi rigoureux pour garantir l’application des engagements.
De son côté, Zhang Yu a rappelé que la coopération pétrolière sino-nigérienne constitue un pilier du partenariat stratégique, contribuant à l’autonomie énergétique, à la croissance économique et à la création d’emplois. Il a réaffirmé la volonté de son groupe de renforcer la collaboration dans l’exploitation pétrolière, la transition énergétique et la formation des compétences locales.
Khadidiatou Maïga
