Le 7 juin 2021, dans un Mali secoué par une crise politique, économique et sanitaire, le colonel Assimi Goïta prêtait serment pour conduire la Transition. Dès ses premiers pas, il engagea un dialogue inclusif avec les forces vives afin d’apaiser un climat social tendu. Chef suprême des Armées, il plaça la sécurité au cœur de son action, convaincu que la stabilité est le socle de tout développement. La reconquête de Ber et de Kidal illustre cette priorité, tout comme la militarisation de la police et de la protection civile.
En 2021, les FAMa étaient affaiblies et démoralisées. Cinq ans plus tard, elles affichent un visage transformé grâce à de nouveaux partenariats avec la Russie, la Chine et la Turquie. Blindés VN-22, drones de combat, radars modernes et aéronefs ont renforcé leurs capacités. En janvier 2026, Assimi Goïta remit au Génie militaire des équipements lourds, symbolisant une armée désormais force de défense et de développement.
Sur le plan international, le général d’Armée Assimi Goïta a redéfini les orientations diplomatiques du Mali. La rupture avec certains partenaires traditionnels s’est accompagnée d’une diversification stratégique vers Moscou, Pékin, Ankara et d’autres capitales. Le Mali s’est affirmé comme acteur central dans l’Alliance des États du Sahel (AES), plaidant pour une coopération sécuritaire et économique renforcée. Ces choix diplomatiques traduisent une volonté de souveraineté et d’indépendance dans les relations internationales.
La création du Fonds minier de développement local (FMDL) a permis une redistribution directe des richesses minières aux collectivités. En mars 2026, plus de 18,4 milliards de francs CFA ont été versés aux zones d’extraction. La raffinerie nationale d’or SOROMA-SA, inaugurée en 2025, marque une étape historique en mettant fin à l’exportation brute du minerai. La révision du cadastre minier et la numérisation des titres ont renforcé la transparence, réduisant les irrégularités qui coûtaient des centaines de milliards à l’État. Ces réformes traduisent une volonté de gouvernance responsable et de souveraineté économique.
Les hôpitaux de district ont bénéficié d’investissements en équipements, notamment dans les zones fragilisées par la crise sécuritaire. Des centres de dialyse ont été créés ou modernisés, répondant à un besoin croissant dans un pays où les maladies rénales chroniques progressent.
Sur le plan social, l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) a maintenu ses prestations malgré les turbulences. Entre janvier et mai 2026, plus de 2,1 milliards de FCFA d’allocations familiales ont été versés, témoignant de la continuité de la protection sociale et de l’attention portée aux ménages vulnérables.
La centrale solaire de Safo et les projets énergétiques associés visent à réduire le déficit chronique. L’Université de Sikasso, nouvellement créée, élargit l’offre académique nationale. La relance de la COMATEX et de l’UMPP redonne vie à des symboles industriels.
Le Pacte de stabilité sociale et de croissance (2023-2027) a instauré un cadre de dialogue avec les syndicats, avec des avancées notables comme l’augmentation des salaires des fonctionnaires. La vision Mali 2063 trace une feuille de route pour l’émergence du pays sur quatre décennies.
Malgré les sanctions de la CEDEAO en 2022 et les crises alimentaires, l’économie malienne a résisté. Le FMI et la Banque mondiale ont salué la gestion budgétaire, tandis que les investisseurs se disputent désormais les titres maliens sur le marché régional. Cette résilience économique renforce la crédibilité du Mali dans ses négociations diplomatiques et financières.
Cinq ans après son investiture, le général Assimi Goïta a profondément remodelé le Mali. Sa gouvernance combine refondation militaire, affirmation diplomatique, réformes économiques et consolidation sociale. En diversifiant ses alliances, en investissant dans la santé et en maintenant la protection sociale, le pays affiche une trajectoire nouvelle, portée par une volonté affirmée de refondation nationale et de souveraineté.
Souleymane Coulibaly
