Au Mali, dans un contexte où l’agriculture durable et respectueuse de l’environnement prend de plus en plus d’importance, l’ONG-AMSD a procédé, le samedi 29 novembre 2025, à l’ouverture de la première édition du Forum National de l’agriculture biologique et de l’agroécologique dans notre pays.
Cet événement marquant intervient suite au lancement d’une vaste campagne de sensibilisation qui s’est déroulée dans la capitale, Bamako, et qui visait à informer et à mobiliser les acteurs locaux autour des enjeux liés à l’agriculture biologique et à l’agroécologie.
Les travaux du forum ont eu lieu au Mémorial Modibo KEITA, un lieu symbolique qui témoigne de l’engagement du pays en faveur du développement durable, et se sont déroulés sous le haut parrainage de Souleymane Yacouba, Directeur National de l’agriculture, qui a joué un rôle clé dans la promotion de ces initiatives. Pour cette circonstance particulière, il était entouré de figures influentes et engagées, telles que Hamidou A DIAWARA, président de l’association, ainsi que le président de la Coordination nationale des organisations professionnelles, tous deux présents pour témoigner de leur soutien et de leur engagement envers une agriculture plus respectueuse des écosystèmes maliens.

« L’agriculture biologique et l’agroécologie face aux défis du changement climatique et de la souveraineté alimentaire » : tel est le thème de la première édition du Forum National de l’Agriculture Biologique et de l’Agroécologie au Mali. Cet événement se veut un lieu de dialogue, de vérité et surtout d’action, dédié à une cause qui impacte la santé, l’environnement, l’économie et notre avenir commun. Selon le président de l’Association Malienne pour la Solidarité et le Développement, ce forum est le résultat d’un partenariat solide entre l’ONG AMSD, le Ministère de l’Agriculture, la DNA, la CNOP, le CAD, nos partenaires techniques, la FAO, FiBL, Humundi, Rikolto, ainsi que les délégations sœurs venues du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire et du Sénégal.
Par ailleurs, le forum mettra en exergue de manière significative les acquis notables du mouvement social en faveur de la transition agroécologique et biologique, un mouvement animé et porté par la société civile ainsi que par les différents acteurs engagés dans le développement durable au Mali. Ce forum ne se contentera pas seulement de présenter ces réalisations, mais il jouera également un rôle déterminant en facilitant l’éveil de conscience des populations locales sur les dangers croissants de la pollution de l’environnement, qui sont exacerbés par l’utilisation abusive et imprudente des produits chimiques de synthèse toxiques dans le domaine de l’agriculture.

En parallèle, il abordera le thème tout aussi préoccupant des semences génétiquement modifiées (OGM) et mettra en lumière les risques potentiels qu’elles font peser sur la santé humaine, ainsi que sur la santé animale et végétale, de sorte à susciter une prise de conscience collective et à encourager des pratiques agricoles plus durables et respectueuses de notre écosystème.
Aujourd’hui, le Mali subit des bouleversements majeurs dans son secteur agricole, caractérisés par des précipitations irrégulières, une dégradation rapide des sols, une forte dépendance aux intrants chimiques et une pression croissante sur les ressources naturelles. Selon le président Hamidou A DIAWARA, l’agroécologie apparaît aujourd’hui comme une solution crédible, efficace et pérenne pour notre système alimentaire.
En effet, cette approche innovante et durable permet d’améliorer la fertilité des sols, favorisant ainsi une meilleure utilisation des ressources naturelles et une augmentation de la biodiversité. De plus, elle contribue à accroître les rendements agricoles, ce qui est essentiel pour répondre à la demande alimentaire croissante dans un monde en constante évolution. En parallèle, cette méthode efficace aide à réduire les coûts de production, offrant aux agriculteurs une marge bénéficiaire plus élevée, ce qui peut se traduire par une plus grande stabilité économique pour les familles rurales. De surcroît, elle permet de diversifier les revenus des producteurs, leur offrant ainsi de nouvelles opportunités et moyens de subsistance plus durables.
Par ailleurs, elle joue un rôle essentiel dans la protection de la santé tant des producteurs que des consommateurs, en limitant l’utilisation de produits chimiques nocifs et en promouvant des pratiques respectueuses de l’environnement. Pour lui, le FNABIO 2025 sonne donc comme un signal fort et inspirant : « Nous devons tourner la page et bâtir un modèle agricole qui nourrit sans détruire, qui produit sans empoisonner, qui développe sans exclure », a-t-il lancé avec une détermination and une conviction évidente, insistant sur l’importance de cette transition vers un avenir agricole plus responsable et durable.
Notons qu’avant d’ajouter que l’agriculture biologique et l’agroécologie ne sont pas simplement des choix privilégiés réservés à une élite, il est essentiel de reconnaître qu’elles constituent une nécessité vitale dans notre monde actuel. En effet, ces approches durables portent avec elles l’avenir des enfants, modelant leurs perspectives et leur qualité de vie, tout en influençant également le futur de l’alimentation que nous leur laisserons en héritage et, de manière plus large, le futur de la planète que nous partageons tous.
Pour rappel, la cérémonie de lancement, riche en discours inspirants et en échanges passionnés, a été suivie de ma visite des stands soigneusement installés au Mémorial Modibo KEITA, où j’ai eu l’opportunité d’approfondir mes connaissances sur les multiples initiatives engagées dans ce domaine.
Daouda Bakary KONÉ
