Après plus d’un an de silence diplomatique, Bamako et Alger renouent officiellement le dialogue. Les relations entre le Mali et l’Algérie s’améliorent alors que les deux pays voisins ne se parlaient quasiment plus directement depuis le printemps 2025. Vendredi 10 juillet 2026, les deux gouvernements ont annoncé simultanément des mesures fortes : la réouverture de leur espace aérien et le retour mutuel de leurs ambassadeurs à leur poste.
Du côté malien, le communiqué officiel signé par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, confirme le retour de l’ambassadeur du Mali à Alger et la réouverture de l’espace aérien national aux vols civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie.
À Alger, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné le retour à Bamako de Kamal Retieb, en qualité d’ambassadeur d’Algérie auprès du Mali, à compter du 10 juillet 2026. Ces décisions marquent une volonté claire de normalisation et de relance des relations bilatérales, après une période de tensions et de gel diplomatique.
La reprise des échanges intervient dans un environnement sahélien marqué par l’insécurité et la nécessité de renforcer la coopération régionale. L’Algérie, acteur incontournable dans la médiation des crises au Mali, avait vu son rôle réduit ces derniers mois. Le rétablissement des canaux diplomatiques pourrait ouvrir la voie à une meilleure coordination sur les dossiers sécuritaires, économiques et migratoires.
Pour Dr. Ibrahim Touré, enseignant-chercheur en relations internationales à l’Université de Bamako, « cette réconciliation diplomatique traduit une prise de conscience des deux capitales : ni Bamako ni Alger ne peuvent durablement s’isoler dans un contexte régional aussi instable. La coopération est une nécessité stratégique, tant pour la lutte contre le terrorisme que pour le développement économique transfrontalier ».
Au-delà des symboles, le retour des ambassadeurs et la réouverture de l’espace aérien constituent des mesures concrètes qui faciliteront les échanges humains et commerciaux. Elles pourraient également relancer les discussions sur des projets communs, notamment dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et de la sécurité.
Souleymane Coulibaly
