Selon les projections de la Banque mondiale, les pays de la zone franc CFA affichent des niveaux très contrastés de réserves de change à fin 2025. Si le Cameroun et le Tchad disposent d’une couverture confortable, d’autres États comme le Bénin ou le Togo apparaissent nettement plus exposés aux chocs extérieurs.
L’infographie publiée par Sika Finance met en lumière les écarts de résilience économique entre les treize pays de la zone franc CFA. Le Cameroun domine le classement avec 6,8 mois d’importations couverts, suivi du Tchad (6,0) et du Niger (5,9). À l’opposé, le Bénin ne dispose que d’un mois de réserves, tandis que le Togo, le Gabon et la Guinée équatoriale stagnent à 1,4 mois.
Le Sénégal (4,4) et la Côte d’Ivoire (3,5), considérés comme les locomotives de l’UEMOA, se situent dans une zone médiane. Leur position traduit une certaine stabilité, mais aussi la nécessité de renforcer la gestion des flux extérieurs pour consolider leur rôle régional.
Les pays en bas du tableau, tels que le Burkina Faso (2,2), le Mali (1,5) ou la Centrafrique (2,4), restent fragiles face aux aléas internationaux. Une crise énergétique ou alimentaire pourrait rapidement mettre sous tension leurs balances de paiements et accentuer la dépendance aux financements extérieurs.
Au-delà des chiffres, ces réserves de change sont un indicateur de crédibilité économique et politique. Elles conditionnent la capacité des États à maintenir la stabilité des prix, à sécuriser les importations stratégiques et à rassurer les investisseurs. Les écarts observés soulignent l’urgence de politiques industrielles et de diversification des exportations, comme le rappelle la Banque mondiale dans ses rapports récents.
Aminata Dembélé
