Le prix de l’essence super varie fortement d’un pays à l’autre. Le Sénégal affiche le tarif le plus élevé avec 990 FCFA/L, suivi de la Côte d’Ivoire (905 FCFA/L) et de la Guinée-Bissau (899 FCFA/L). À l’opposé, le Niger se distingue par le prix le plus bas de la zone, à seulement 499 FCFA/L, soit près de deux fois moins que le Sénégal. Le Togo et le Bénin restent également compétitifs avec un prix identique de 725 FCFA/L.
Le diesel présente des écarts moins prononcés, mais reste révélateur des disparités régionales. Le Mali enregistre le prix le plus élevé à 940 FCFA/L, tandis que le Niger conserve la position la plus basse avec 618 FCFA/L. La majorité des pays Burkina Faso, Bénin, Togo se situent autour de 750 FCFA/L, traduisant une relative convergence des prix.
Dans la catégorie des pays à prix élevés, le Sénégal et le Mali se distinguent, où la combinaison des coûts de transport et de la fiscalité alourdit la facture des consommateurs. Les pays à prix modérés, tels que le Burkina Faso, le Bénin et le Togo, parviennent à maintenir une relative stabilité grâce à une politique de régulation des tarifs. Le Niger se positionne parmi les pays à prix bas, bénéficiant d’un différentiel notable, sans doute lié à des subventions ou à sa proximité avec certaines zones de production. Ces écarts de prix reflètent non seulement les politiques énergétiques nationales, mais aussi les réalités économiques locales. Dans les pays où les prix sont élevés, la pression sur le pouvoir d’achat est plus forte, alimentant parfois des tensions sociales. À l’inverse, les pays à prix bas peuvent attirer une demande transfrontalière, créant des flux informels de carburant.
La comparaison des prix des carburants au sein de l’UMOA met en lumière une fracture énergétique régionale. Alors que certains pays cherchent à protéger leurs consommateurs par des prix modérés, d’autres subissent les contraintes des marchés internationaux et des politiques fiscales. Cette disparité pose la question d’une éventuelle harmonisation régionale, afin de réduire les écarts et renforcer la cohésion économique de l’Union.
Aminata Dembélé
