Le Rapport d’Avril 2026 de la Banque mondiale sur “État des lieux de l’économie africaine faire aboutir les politiques industrielles en Afrique” souligne que l’inflation des prix à la consommation continue de ralentir dans un nombre croissant de pays d’Afrique subsaharienne, même si le rythme de la désinflation varie fortement selon les économies. Le taux médian est passé de 4,4 % en 2024 à 3,7 % en 2025, traduisant une amélioration notable. Toutefois, les projections annoncent une remontée à 4,8 % en 2026, sous l’effet des répercussions attendues du conflit au Moyen-Orient, avant un retour autour de 3,8 % en 2027-2028.
Selon le rapport, environ 70 % des économies africaines (33 sur 47) ont enregistré une baisse de l’inflation en 2025. Le taux médian projeté s’établit à 3,3 %, mais huit pays (Angola, Éthiopie, Ghana, Malawi, Nigeria, São Tomé-et-Príncipe, Soudan et Zambie) n’ont pas réussi à ramener l’inflation en dessous de deux chiffres. D’ici 2026, le nombre de pays affichant une inflation à deux chiffres devrait reculer à neuf, contre treize en 2024.
Le Rapport souligne également, une baisse des prix mondiaux des carburants et des denrées alimentaires, l’amélioration des balances extérieures et la stabilisation des monnaies ont contribué à réduire les pressions inflationnistes. L’augmentation de la production agricole et des stocks mondiaux de pétrole a également joué un rôle clé. Les prix élevés des produits d’exportation africains (métaux, café, cacao) ont renforcé les positions extérieures et favorisé l’appréciation des monnaies locales. Le resserrement monétaire généralisé dans la région a permis d’ancrer les anticipations et de contenir la demande.
Exportateurs de pétrole : inflation en baisse de 5,7 % en 2024 à 3,2 % en 2025, mais une remontée attendue à 6,2 % en 2026, avant une stabilisation autour de 3,1 % en 2027-2028.
Exportateurs de minerais et métaux : recul marqué de 6,7 % en 2024 à 3,4 % en 2025, puis hausse à 5,2 % en 2026, avant une modération à 4,1 % en 2027-2028.
Pays non riches en ressources : inflation projetée à 3,7 % en 2025, une accélération à 4,3 % en 2026, puis une stabilisation à 3,8 % en moyenne en 2027-2028.
Le rapport avertit que le conflit au Moyen-Orient pourrait annuler une partie des gains enregistrés, en provoquant une hausse des prix des carburants, des coûts de transport et des engrais. Ces tensions risquent d’alimenter une nouvelle poussée inflationniste, notamment dans les pays importateurs de pétrole, et de fragiliser les perspectives de croissance et d’emploi.
Aminata Dembélé
