La Tanzanie redouble d’efforts pour séduire le Groupe Dangote, dans une stratégie résolument tournée vers le renforcement de son tissu industriel et énergétique. Le gouvernement tanzanien met en avant une série de projets structurants, parmi lesquels figurent la construction d’une usine d’engrais à base d’urée, la mise en place d’un projet énergétique de 2 000 mégawatts, le développement du port ainsi que la réalisation d’une route d’accès en béton de 40 kilomètres. Ces initiatives traduisent une volonté affirmée de moderniser les infrastructures et de consolider la base industrielle du pays.
Déjà solidement implanté en Tanzanie grâce à une usine de ciment estimée à 800 millions de dollars, la plus grande du pays, le conglomérat nigérian est désormais courtisé pour élargir son empreinte dans l’ensemble de l’Afrique de l’Est.
Les discussions actuelles s’inscrivent dans une dynamique régionale plus vaste. Dangote envisage en effet une expansion stratégique au Kenya, où il prévoit de mobiliser une partie des 5 milliards de dollars destinés à sa raffinerie pour développer une station d’approvisionnement en énergie et ériger une raffinerie à Lamu. Ce projet colossal, évalué à 16 milliards de dollars, pourrait atteindre une capacité de 700 000 barils par jour, redéfinissant ainsi le paysage énergétique de la région et renforçant l’autonomie énergétique de l’Afrique de l’Est.
Pour la Tanzanie, l’enjeu dépasse largement la simple attraction de capitaux. Le gouvernement souhaite capitaliser sur l’expertise du Groupe Dangote afin de stimuler la production locale d’engrais, d’améliorer l’approvisionnement énergétique, de développer la fabrication industrielle et de consolider les infrastructures stratégiques. Ces ambitions s’accompagnent d’une volonté de renforcer les liens commerciaux intra-régionaux, positionnant la Tanzanie comme un acteur incontournable dans le processus d’intégration économique de l’Afrique de l’Est.
Fatoumata Traoré
