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Impact économique du conflit au Moyen-Orient: vulnérabilités et marges de manœuvre en Afrique

La recrudescence des tensions au Moyen-Orient ravive les inquiétudes sur la stabilité énergétique et financière mondiale. Pour l’Afrique, où de nombreux pays demeurent dépendants des importations de pétrole et de gaz, l’évaluation de l’état de préparation face à un choc externe devient cruciale. Une carte thermique élaborée à partir des données du CEPII, du FMI et de la Banque mondiale met en évidence des disparités notables entre États, révélant des fragilités structurelles mais aussi des marges de manœuvre différenciées.

Les pays fortement importateurs de produits pétroliers et gaziers apparaissent en première ligne. La Mauritanie (15,3 % du PIB en importations nettes), le Libéria (13,4 %) ou encore la Gambie (11,6 %) affichent une dépendance élevée, accentuée par des besoins de financement extérieur supérieurs à 9 % du PIB. À l’inverse, des producteurs comme le Nigeria (-16,5 %), l’Angola (-27 %) ou la République du Congo (-33,8 %) bénéficient d’une position nette exportatrice, mais restent exposés à la volatilité des cours et à la gestion de leurs recettes.

La vulnérabilité se manifeste également par l’inflation. Le Malawi enregistre une flambée des prix à plus de 24 % en février 2026, tandis que le Burundi (11,4 %) et Sao Tomé-et-Principe (9,5 %) subissent des tensions persistantes. Les réserves de change, souvent inférieures à trois mois d’importations dans plusieurs pays (Burundi, Mali, Guinée), réduisent la capacité de réponse face à un choc externe.

La dette publique brute dépasse 90 % du PIB en Zambie, Cabo Verde ou Mozambique, limitant les marges de manœuvre budgétaires. À l’opposé, des pays comme la RDC (21,1 %) ou le Botswana (39,5 %) disposent d’un endettement plus contenu, offrant une flexibilité relative. Le solde budgétaire reste globalement négatif, avec des déficits supérieurs à 6 % du PIB au Sénégal, au Malawi ou en Afrique du Sud.

Des pays comme le Botswana, la RDC et la Côte d’Ivoire affichent une préparation élevée, grâce à des réserves solides, une inflation maîtrisée et une dette publique soutenable, ce qui leur confère une meilleure résilience face aux chocs externes. Le Kenya, la Tanzanie et le Cameroun se situent dans une zone intermédiaire, caractérisée par une dépendance énergétique modérée mais fragilisée par des déséquilibres budgétaires et financiers qui limitent leur marge de manœuvre.

Le Malawi, la Zambie, le Nigeria et l’Angola cumulent une forte dépendance aux importations, une inflation élevée et un endettement massif, plaçant leurs économies dans une situation de vulnérabilité accrue face aux turbulences géopolitiques et financières.

Moussa Traoré

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