La Guinée a franchi une nouvelle étape dans le développement de son marché financier avec le lancement d’un emprunt obligataire de 2 500 milliards GNF. Les échanges ce mercredi 7 octobre 2026 avec les acteurs du secteur bancaire et financier ont mis en lumière une conviction partagée : le financement domestique constitue désormais un levier majeur de la transformation économique du pays.
Au cours de cette rencontre, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a appelé les banques, assurances, investisseurs et épargnants à renforcer leur mobilisation en faveur du financement de l’économie nationale. Au‑delà de l’opération financière, l’enjeu est de valoriser l’épargne nationale et de l’orienter vers des investissements structurants, notamment dans l’énergie, les infrastructures routières, l’éducation et la santé. Pour la ministre, la réussite de cet emprunt traduit la confiance du secteur financier dans la trajectoire économique de la Guinée et dans ses perspectives de développement.
Le Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a insisté sur la nécessité de poursuivre la construction d’un marché des titres publics plus profond, transparent, liquide et accessible, tout en veillant à préserver l’équilibre entre attractivité des titres, coût du financement et soutenabilité des engagements de l’État.
Cette dynamique est portée par un secteur bancaire en pleine expansion, dont les indicateurs témoignent d’une progression remarquable au cours des dernières années.
Entre décembre 2021 et août 2026, le total bilan des banques est passé de 4,2 milliards USD à 14,2 milliards USD, traduisant une croissance soutenue et une consolidation des activités financières. Dans le même temps, les ressources collectées auprès de la clientèle ont atteint 10,2 milliards USD, contre seulement 3,1 milliards USD en 2021, signe d’une confiance accrue des épargnants et d’une mobilisation plus forte de l’épargne nationale. Par ailleurs, les banques ont contribué de manière significative au financement des besoins de l’État, en mobilisant 3,6 milliards USD pour soutenir les émissions obligataires et renforcer la capacité de financement public.
Dix ans après les premières émissions obligataires, la Guinée confirme son ambition de mobiliser l’épargne nationale pour financer son développement. En 2015, le pays avait levé 500 milliards GNF sur le marché financier. Dix ans plus tard, en 2025, ce montant est passé à 1 800 milliards GNF, traduisant une progression significative de la confiance des investisseurs. Désormais, en 2026, l’objectif atteint 2 500 milliards GNF, marquant une nouvelle étape dans l’approfondissement du marché obligataire guinéen. Cette trajectoire ascendante illustre non seulement la maturation progressive du marché financier national, mais aussi l’intérêt croissant des investisseurs pour les opportunités offertes par l’économie guinéenne. Elle témoigne d’une dynamique de mobilisation collective autour du financement domestique, considérée comme un levier stratégique pour la transformation économique du pays.
L’objectif est désormais d’élargir la base des investisseurs, de favoriser une participation accrue des entreprises, des ménages et des épargnants, et de faire de l’épargne nationale une source durable de financement du développement.
À travers cette mobilisation collective, le Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget réaffirme sa volonté de bâtir, avec l’ensemble des acteurs financiers, un marché national plus solide, plus prévisible et davantage au service de la transformation économique du pays.
Fatoumata Traoré
