La République de Guinée et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont entamé une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération stratégique. Réunis le 9 octobre 2026 à Abidjan, les responsables guinéens et les dirigeants de l’institution panafricaine ont engagé des discussions approfondies visant à accélérer la mise en œuvre du Programme de développement socio-économique Simandou 2040, considéré comme le principal cadre de transformation structurelle du pays pour les prochaines décennies.
Conduite par la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, également gouverneure du Groupe de la BAD pour la Guinée, la délégation guinéenne comprenait plusieurs hauts responsables issus des secteurs du Plan, des Infrastructures, des Transports, de l’Agriculture et de l’Énergie. À travers cette rencontre, les autorités guinéennes ont réaffirmé leur ambition de convertir les abondantes richesses naturelles du pays en moteurs de croissance durable, de création d’emplois et de prospérité partagée.
Les échanges ont permis de dresser un état des lieux de l’économie guinéenne et des perspectives offertes par les grands projets structurants en cours de déploiement. Les responsables de la Banque africaine de développement ont notamment salué les progrès enregistrés par la Guinée ces dernières années, marqués par une amélioration de sa notation souveraine et des perspectives économiques favorables soutenues par l’entrée progressive en production du gigantesque projet minier de Simandou. Pour l’institution financière panafricaine, ces avancées constituent des indicateurs encourageants de la capacité du pays à renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux et à mobiliser davantage de capitaux destinés au financement de son développement.
La BAD a par ailleurs réitéré sa volonté d’accompagner les priorités définies par les autorités guinéennes, en mettant l’accent sur plusieurs axes stratégiques : le développement des infrastructures, la transformation locale des matières premières, l’industrialisation, la création d’emplois de qualité et le renforcement des chaînes de valeur régionales.
Au-delà de la mobilisation des financements, les discussions ont mis en lumière la nécessité d’améliorer l’efficacité opérationnelle des projets déjà inscrits dans le portefeuille de coopération entre la Guinée et la BAD. Les deux parties ont ainsi identifié plusieurs priorités communes, notamment l’accélération de l’exécution des projets, la réduction des délais liés aux procédures de passation des marchés et l’amélioration du rythme des décaissements. Ces enjeux apparaissent essentiels dans un contexte où la mise en œuvre rapide des investissements structurants conditionne largement l’atteinte des objectifs de croissance et de transformation économique fixés par les autorités. La qualité du portefeuille de projets constitue en effet un facteur déterminant pour maximiser l’impact des financements mobilisés et améliorer les retombées concrètes sur les populations.
Les discussions ont également porté sur les différents instruments financiers mis à disposition par le Groupe de la BAD afin de soutenir les ambitions de développement de la Guinée. Les responsables des deux parties ont exploré les possibilités offertes par les différents guichets de financement de la Banque, les mécanismes de garanties, ainsi que les opportunités de cofinancement susceptibles de mobiliser davantage de ressources en faveur des projets à fort impact économique et social.
Dans cette dynamique, la contribution de la Guinée à la dix-septième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), à hauteur de 50 millions de dollars, a été saluée comme un témoignage fort de l’engagement du pays en faveur du renforcement des capacités financières des institutions africaines de développement.
Au cœur des discussions d’Abidjan figurait le programme Simandou 2040, présenté par les autorités comme la feuille de route devant guider l’émergence économique de la Guinée au cours des quinze prochaines années.
D’une ampleur exceptionnelle, cette stratégie de développement regroupe plus de 200 projets et réformes couvrant des secteurs aussi variés que les infrastructures, l’industrie, l’agriculture, l’énergie, les transports, l’éducation et le développement du capital humain.
Selon les projections gouvernementales, les investissements nécessaires à la mise en œuvre complète du programme dépasseraient les 300 milliards de dollars. L’ambition affichée est de bâtir une économie moins dépendante des exportations de matières premières brutes, capable de créer davantage de valeur ajoutée localement et de stimuler l’émergence d’un secteur privé compétitif.
Le programme vise également le renforcement de la souveraineté alimentaire et énergétique du pays, deux dimensions considérées comme essentielles pour soutenir une croissance durable et résiliente.
Nana Touré
