Le Ghana confirme son grand retour. Au cours des huit premiers mois de l’année 2026, l’économie ghanéenne a enregistré une progression remarquable de ses exportations, digne des meilleures années de croissance. Selon les données officielles de la Banque du Ghana, les recettes issues des ventes à l’étranger ont atteint 22,4 milliards de dollars américains, contre 17,9 milliards sur la même période en 2025. Soit un bond de 25,1% près de 4,5 milliards de dollars supplémentaires en un an. Cette hausse substantielle illustre non seulement la résilience du commerce extérieur du pays, mais aussi l’efficacité des politiques de soutien mises en œuvre par les autorités monétaires.
L’augmentation des exportations s’explique par une double dynamique vertueuse. D’abord, une meilleure valorisation des produits traditionnels tels que l’or, le cacao et le pétrole, dopée par des cours internationaux porteurs et une meilleure organisation des filières. Ensuite, et c’est la vraie nouveauté, par l’émergence de nouveaux segments industriels. La diversification progressive de la base productive, encouragée par des investissements massifs dans les infrastructures portuaires de Tema et Takoradi et dans la logistique, a permis de fluidifier les échanges et de renforcer la compétitivité des entreprises locales sur les marchés internationaux. Le Made in Ghana commence à s’exporter.
Le rôle stratégique de la Banque du Ghana a été décisif. Lors de la 132ᵉ conférence de presse du Comité de politique monétaire, le Gouverneur Dr Johnson Pandit Asiama a souligné que cette performance traduit la solidité des fondamentaux macroéconomiques et la pertinence des réformes engagées. En insistant sur la nécessité de maintenir une discipline budgétaire et monétaire stricte, il a rappelé que la stabilité financière demeure un pilier essentiel pour soutenir la croissance des exportations et attirer davantage d’investissements étrangers directs.
Si cette progression constitue un signal encourageant, elle impose également de nouveaux défis. Le Ghana doit désormais veiller à consolider ses acquis en renforçant la transformation locale des matières premières, afin de créer plus de valeur ajoutée et d’emplois. Exporter du chocolat plutôt que des fèves, des lingots raffinés plutôt que de l’or brut.
Par ailleurs, l’intégration régionale au sein de la CEDEAO et la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offrent des opportunités historiques pour élargir les débouchés commerciaux. Avec 22,4 milliards déjà en poche, le Ghana a les armes pour devenir le hub export de l’Afrique de l’Ouest.
Fatoumata Traoré
