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Gazoduc Afrique Atlantique: un projet stratégique pour l’intégration énergétique de l’Afrique de l’Ouest

Le projet de gazoduc Afrique Atlantique, porté par le Maroc en partenariat avec le Nigéria, s’impose comme l’une des plus ambitieuses infrastructures énergétiques du continent. Conçu pour concurrencer le gazoduc transsaharien soutenu par l’Algérie, il vise à ouvrir de nouveaux marchés au gaz nigérian tout en favorisant l’intégration régionale.

Le gazoduc, long de près de 6 900 kilomètres, longe la côte ouest-africaine et reprend partiellement le tracé du gazoduc ouest-africain, mais avec une capacité nettement supérieure. Il traversera 13 pays d’Afrique de l’Ouest avant de rejoindre le Maroc, où une partie du gaz sera exportée vers l’Europe. Ce projet, estimé à 25 milliards de dollars (23 milliards d’euros), a reçu l’approbation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a signé un accord intergouvernemental lors de son sommet de Freetown, en Sierra Leone le dimanche 19 juillet 2026.

Selon le communiqué conjoint de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc et de la compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC), l’infrastructure pourra transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. 15 milliards de m³ seront destinés aux marchés marocain et européen. Le reste alimentera directement les pays traversés, créant ainsi un véritable marché ouest-africain du gaz naturel. Cette répartition permettra aux États de la région d’accéder à une énergie plus fiable, tout en valorisant leurs propres réserves pour ceux qui en disposent.

Comme son concurrent transsaharien, le gazoduc Afrique Atlantique se heurte à des défis géopolitiques, notamment la question du Sahara occidental. Toutefois, la signature d’un protocole d’accord entre le Maroc et le Nigéria en mai 2017 a marqué une étape décisive dans la concrétisation de cette coopération.

Les études de faisabilité et de conception technique sont désormais achevées. Les travaux devraient débuter en 2028, avec une mise en service progressive. Les premières livraisons de gaz sont attendues à partir de 2031.

Au-delà de l’approvisionnement énergétique, ce projet incarne une volonté de bâtir une infrastructure intégratrice, capable de renforcer la coopération régionale, de stimuler le développement industriel et de positionner l’Afrique de l’Ouest comme un acteur majeur sur le marché mondial du gaz. Ce gazoduc apparaît ainsi comme un levier stratégique pour l’avenir énergétique du continent, à la croisée des enjeux économiques, géopolitiques et environnementaux.

Khadidiatou Maïga

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