Le déclenchement, le 28 février 2026, d’un conflit armé au Moyen-Orient bouleverse déjà l’équilibre économique et géopolitique international. Les marchés mondiaux, sensibles aux tensions énergétiques et aux incertitudes stratégiques, enregistrent des secousses qui préoccupent les décideurs africains.
Consciente de la vulnérabilité des économies de l’Union face aux chocs extérieurs, la Commission de l’UEMOA a pris l’initiative d’anticiper les conséquences de cette crise. Le président Abdoulaye Diop a convoqué, le mardi 3 mars 2026, une réunion de réflexion consacrée aux impacts économiques, sociaux et géopolitiques de la guerre. À l’issue des échanges, un Comité de veille et de suivi ad hoc a été institué. Sa mission : observer de près l’évolution du conflit, analyser ses répercussions sur les marchés financiers, les prix des matières premières et la stabilité sociale, puis proposer des mesures d’adaptation pour les États membres. Sur le plan économique, l’Union est confrontée à une possible flambée des coûts énergétiques, à des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et à une volatilité accrue sur les marchés financiers régionaux. Ces facteurs risquent de fragiliser la stabilité macroéconomique et d’imposer des ajustements rapides des politiques budgétaires et monétaires. Sur le plan social, l’escalade militaire pourrait entraîner une inflation importée, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages. Cette situation menace de déséquilibrer les finances publiques et de compliquer la mise en œuvre des programmes sociaux destinés à protéger les populations les plus vulnérables.
Au plan géopolitique, la crise souligne la nécessité pour l’Union de renforcer la coopération régionale et de consolider ses partenariats internationaux. Une telle démarche apparaît indispensable pour amortir les chocs externes et préserver la résilience collective face aux turbulences mondiales.
La mise en place de ce comité traduit la volonté de l’UEMOA de ne pas subir passivement les secousses mondiales. Elle illustre une approche préventive, axée sur la résilience et la transparence, afin de préserver la stabilité économique et sociale de l’Union.
Aminata Dembélé
