En marge des Assemblées annuelles 2026 du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, le ministre centrafricain des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, a pris part aux travaux du Caucus africain, une rencontre stratégique réunissant les gouverneurs africains du FMI autour de la Directrice générale de l’institution, Kristalina Georgieva, ainsi que de hauts responsables de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). Cette réunion de haut niveau a constitué une importante tribune pour les pays africains, leur permettant de faire entendre une voix commune sur les enjeux majeurs du financement du développement, de la transformation économique et de la résilience du continent face aux défis mondiaux.
Les discussions ont principalement porté sur le rôle que le FMI est appelé à jouer dans l’accompagnement des économies africaines confrontées à de multiples défis, notamment les contraintes budgétaires, les effets du changement climatique, les tensions géopolitiques et les exigences liées à la transformation structurelle des économies.
À cette occasion, les gouverneurs africains ont plaidé pour un renforcement du rôle catalytique du Fonds dans la construction de la résilience économique du continent. Ils ont souligné la nécessité de mettre en place des mécanismes de financement capables de soutenir durablement les ambitions de développement de l’Afrique tout en préservant les équilibres macroéconomiques. Les échanges ont également mis en lumière l’importance de créer un espace budgétaire plus favorable à l’investissement productif, condition essentielle pour accélérer la transformation économique, moderniser les infrastructures et stimuler une croissance créatrice d’emplois.
Au cours des débats, les représentants africains ont insisté sur la nécessité d’un soutien accru du FMI afin d’accompagner les stratégies nationales de développement. Ils ont notamment appelé à des efforts renforcés pour réduire le coût du capital, améliorer l’accès aux financements concessionnels et favoriser la mobilisation des ressources indispensables à la mise en œuvre des projets structurants. Les gouverneurs ont également mis l’accent sur la question de la souveraineté numérique, devenue un enjeu central pour la compétitivité des économies africaines. Le développement des infrastructures digitales, la modernisation des systèmes financiers et le renforcement des capacités technologiques figurent désormais parmi les priorités stratégiques du continent.
Par ailleurs, les participants ont plaidé pour un accompagnement plus soutenu en faveur des programmes sociaux destinés à protéger les populations les plus vulnérables contre les chocs économiques et les effets des crises successives.
En réponse aux préoccupations exprimées par les gouverneurs africains, la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner les efforts de développement du continent. Elle a notamment encouragé les pays africains à poursuivre les politiques visant à préserver la stabilité macroéconomique, à garantir la soutenabilité de la dette publique et à accélérer la mise en œuvre des réformes économiques et institutionnelles.
Selon la dirigeante du FMI, ces conditions demeurent indispensables pour bâtir des économies plus robustes, attirer davantage d’investissements et renforcer le poids de l’Afrique au sein de la gouvernance financière internationale. Elle a également souligné que la révision à la hausse des quotes-parts des pays africains au sein du Fonds passe par la consolidation de ces fondamentaux économiques.
Au cours des échanges, Kristalina Georgieva a insisté sur les perspectives exceptionnelles dont dispose le continent africain. Forte d’une population jeune, d’un potentiel entrepreneurial considérable et d’abondantes ressources naturelles, l’Afrique est appelée à devenir l’un des principaux pôles de croissance de l’économie mondiale au cours des prochaines décennies.
Cette reconnaissance du potentiel du continent a trouvé un écho favorable auprès des délégations africaines, qui plaident depuis plusieurs années pour une meilleure prise en compte des spécificités et des besoins de développement de l’Afrique dans les mécanismes internationaux de financement.
Les travaux du Caucus africain se sont achevés par un moment symbolique marqué par la remise officielle du mémorandum du groupe à la Directrice générale du FMI par le président sortant du Caucus, le ministre gambien des Finances.
Khadidiatou Maïga
