Au 2ᵉ trimestre 2026, les échanges commerciaux du Burkina Faso ont été marqués par une forte progression des exportations, en hausse de 49,0 % en glissement annuel. Cette dynamique a permis d’atteindre un taux de couverture des importations par les exportations de 204,7 %, confirmant la solidité de la balance commerciale.
Les exportations se sont établies à 2 339,8 milliards de FCFA, en légère baisse de 1,3 % par rapport au trimestre précédent, mais en hausse de 769,4 milliards de FCFA sur un an. L’or demeure le pilier central, avec une valeur record de 2 182,6 milliards de FCFA, représentant 93,3 % de la valeur totale des exportations.
Du côté des importations, la tendance est à la hausse : +12,2 % par rapport au trimestre précédent et +7,9 % en glissement annuel. Les hydrocarbures restent les principaux produits importés, avec 332,0 milliards de FCFA (29,0 % du total), en progression de 15,7 % sur un trimestre. Les médicaments occupent la deuxième place avec 42,3 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 91,2 % par rapport au trimestre précédent. Les produits céréaliers, notamment le riz et le blé, affichent des évolutions contrastées : +15,7 % pour le riz et –3,0 % pour le blé en glissement annuel.
La Chine conserve sa position de premier fournisseur du Burkina Faso, avec 270,9 milliards de FCFA (23,7 % des importations). Elle est suivie par le Ghana et la Russie. À l’export, les Émirats arabes unis restent le principal client, absorbant une part croissante des exportations d’or (+40,6 % en glissement annuel), devant la Suisse (+55,7 %). La Thaïlande et Hong Kong enregistrent également des progressions notables.
Le taux de réalisation budgétaire s’est établi à 108,6 %, soit un dépassement des objectifs de 29,8 milliards de FCFA. Les recettes cumulées à fin juin 2026 atteignent 708,3 milliards de FCFA, en hausse de plus de 130 milliards par rapport à 2025.
Le Fonds de Soutien Patriotique (FSP) collecté au cordon douanier s’élève à 6,4 milliards de FCFA, soit une progression de 34,8 %. Parallèlement, la lutte contre la fraude a connu une intensification, avec une hausse de 102,6 % du nombre de saisies et de 112,9 % de leur valeur, principalement sur le cyanure et les pesticides.
Les dépenses fiscales ont reculé de 26,1 %, en raison de la baisse des avantages liés au Code minier (–68,9 %). Les titres de mouvement des véhicules étrangers ont progressé de 32,5 %. Quant aux recettes minières, elles affichent une baisse de 1,6 % en glissement annuel, mais une hausse de 25,2 % par rapport au trimestre précédent.
Malgré un excédent de 1 196,8 milliards de FCFA, celui-ci s’est légèrement détérioré (–11,5 % par rapport au trimestre précédent), révélant une dépendance persistante aux exportations aurifères.
Si l’or assure des recettes record, cette concentration (93,3 % des exportations) expose le pays aux fluctuations des cours mondiaux et limite la diversification économique.
La hausse des importations d’hydrocarbures et de médicaments traduit à la fois les besoins énergétiques et sanitaires du pays, mais accentue la dépendance extérieure.
Le dépassement des objectifs de recettes et la progression du FSP témoignent d’une mobilisation accrue des ressources internes, renforcée par la lutte contre la fraude.
La baisse des exportations de produits saisonniers (cajou, mangues) contraste avec la hausse du coton et du sésame. Cette évolution souligne l’importance de diversifier les filières agricoles et industrielles pour réduire la dépendance à l’or.
Souleymane Coulibaly
