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Burkina Faso: la croissance économique révisée à la hausse à 6 % en 2026, des perspectives favorables attendues jusqu’en 2029

L’économie burkinabè continue d’afficher une résilience remarquable malgré un environnement régional et international marqué par de multiples incertitudes. Réuni en Conseil des ministres le 8 octobre 2026, le gouvernement a examiné une communication du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, consacrée à l’évolution récente de la conjoncture économique nationale ainsi qu’aux perspectives de croissance pour la période 2027-2029. Les indicateurs présentés révèlent une amélioration des performances économiques et des perspectives encourageantes pour les prochaines années.

Selon les dernières estimations actualisées en août 2026, le taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) réel du Burkina Faso devrait atteindre 6,0 % en 2026, contre une prévision initiale de 5,7 % formulée en mars. Cette révision à la hausse est principalement attribuée à la bonne tenue du secteur minier, notamment à l’amélioration des performances de la production aurifère, ainsi qu’à une progression plus importante que prévu des recettes publiques. Cette dynamique confirme la capacité de l’économie burkinabè à maintenir un rythme de croissance soutenu malgré les défis sécuritaires et les tensions qui continuent d’affecter certaines zones du territoire. L’analyse de la structure de la croissance montre que le secteur des services reste le principal contributeur à l’expansion économique.

En 2026, le ministre Nacanabo le secteur tertiaire contribue à hauteur de 2,7 points de pourcentage à la croissance globale. Il est suivi par le secteur secondaire, dont la contribution est estimée à 1,9 point, tandis que le secteur primaire apporte 1,3 point. Cette configuration traduit une économie de plus en plus portée par les activités commerciales, financières, de transport et de services, tout en conservant l’apport significatif de l’industrie et de l’agriculture. La progression du secteur secondaire est notamment soutenue par le dynamisme des activités extractives, alors que le secteur primaire continue de bénéficier des efforts entrepris pour renforcer la production agricole.

L’autre indicateur majeur mis en avant par le gouvernement concerne le niveau des prix. L’inflation devrait s’établir à 0,3 % en 2026, un niveau particulièrement faible au regard des tensions inflationnistes observées ces dernières années dans plusieurs économies africaines et mondiales. Les autorités attribuent cette relative stabilité des prix à l’efficacité des mesures mises en œuvre pour protéger le pouvoir d’achat des populations.

Parmi ces mesures figurent notamment le renforcement du contrôle des prix sur certains produits de grande consommation, l’interdiction de l’exportation des céréales afin de préserver l’approvisionnement du marché national, ainsi que les actions engagées pour garantir l’acheminement des produits vers les zones confrontées à des défis sécuritaires. Cette maîtrise de l’inflation contribue à préserver la consommation des ménages et à renforcer la stabilité macroéconomique

A en croire la communication de M. Nacanabo les finances publiques enregistrent également des résultats significatifs. Ainsi le gouvernement a annoncé à fin juin 2026, les recettes mobilisées atteignent 2 118,4 milliards de FCFA, contre 1 659,4 milliards de FCFA à la même période en 2025. Cette progression représente une hausse de 27,7 % sur un an. Selon le ministère de l’Économie et des Finances, cette évolution favorable s’explique par l’augmentation des recettes fiscales, en progression de 21,4 %, mais également par la forte croissance des autres recettes, qui enregistrent une hausse remarquable de 145,2 %. Les dons ont également contribué à améliorer le niveau global des ressources de l’État. Cette performance témoigne des efforts entrepris pour renforcer la mobilisation des ressources internes et améliorer l’efficacité de l’administration fiscale.

Du côté des dépenses publiques, l’exécution budgétaire demeure relativement maîtrisée. À fin juin 2026, les dépenses s’élèvent à 1 907,6 milliards de FCFA, contre 1 857,7 milliards de FCFA un an plus tôt. L’augmentation est limitée à 50 milliards de FCFA, traduisant une progression modérée comparativement à la forte croissance observée au niveau des recettes. Cette évolution contribue à améliorer les marges de manœuvre budgétaires de l’État et à renforcer sa capacité à financer les investissements publics et les priorités nationales.

Pour les années 2027 à 2029, le gouvernement anticipe le maintien d’une trajectoire de croissance positive.

Les projections tablent sur une croissance du PIB de : 5,6 % en 2027 ; 5,0 % en 2028 ; 5,2 % en 2029. Ces prévisions reposent sur plusieurs hypothèses favorables, notamment une détente progressive des tensions géostratégiques internationales, une amélioration de l’environnement sociopolitique en Afrique de l’Ouest, ainsi qu’une évolution positive de la situation sécuritaire nationale.

Les perspectives sont également soutenues par la mise en œuvre du Plan RELANCE 2026-2030, considéré comme l’un des principaux leviers de transformation économique du pays. À cela s’ajoutent des prévisions de conditions climatiques favorables, susceptibles de soutenir les performances agricoles et de renforcer la contribution du secteur primaire à la croissance.

Fatoumata Traoré

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