Le groupe Castel continue d’affirmer sa position parmi les principaux acteurs de l’industrie brassicole en Afrique. Les données financières de ses filiales africaines pour l’exercice 2025, compilées par à partir du document de référence du groupe BGI, révèlent des performances contrastées mais globalement solides, avec plusieurs filiales affichant des niveaux élevés de chiffre d’affaires et de rentabilité. Ce classement met en lumière le poids stratégique de certains marchés africains dans les activités du groupe, notamment le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, le Gabon et le Burkina Faso, qui concentrent les meilleures performances financières.
Avec un chiffre d’affaires de 736,7 millions d’euros et un bénéfice net de 77,07 millions d’euros, la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC) se hisse à la première place des filiales africaines du groupe en termes d’activité. Ces résultats confirment la place centrale du marché camerounais dans la stratégie du groupe. Grâce à un portefeuille diversifié de boissons et à une forte présence sur le territoire, la SABC demeure l’une des locomotives de l’industrie brassicole en Afrique centrale. En deuxième position figure la Société de Limonaderies et Brasseries d’Afrique (SOLIBRA) de Côte d’Ivoire. La filiale ivoirienne enregistre un chiffre d’affaires de 428,4 millions d’euros pour un bénéfice net de 69,79 millions d’euros, illustrant la vigueur du marché ivoirien des boissons.
La Société Frigorifique et Brasserie de Tunis (SFBT) occupe quant à elle la troisième place avec également 428,3 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais se distingue par un bénéfice net nettement supérieur, atteignant 88,88 millions d’euros. Cette performance fait de la filiale tunisienne l’une des plus rentables du portefeuille africain de Castel.
Parmi les meilleures performances de l’exercice figure également BRAKINA, au Burkina Faso. Avec un chiffre d’affaires de 243,5 millions d’euros, l’entreprise dégage un bénéfice net de 96,93 millions d’euros, soit le niveau de rentabilité le plus élevé du classement. Cette performance témoigne de la capacité de la filiale burkinabè à transformer une part importante de son activité en résultats nets, confirmant ainsi son efficacité opérationnelle et sa bonne maîtrise des coûts.
Le Gabon, à travers SOBRAGA, affiche également des résultats solides avec un chiffre d’affaires de 294,4 millions d’euros et un bénéfice net de 56,89 millions d’euros, consolidant sa place parmi les filiales les plus performantes du groupe.
Au Bénin, SOBEBRA réalise un chiffre d’affaires de 151,6 millions d’euros pour un bénéfice net de 38,52 millions d’euros. Ces résultats traduisent une activité soutenue sur le marché béninois et confirment le rôle important de cette filiale dans le dispositif régional du groupe Castel.
Les données publiées révèlent également des performances plus modestes pour certaines filiales ouest-africaines.
Au Mali, BRAMALI enregistre un chiffre d’affaires de 39,5 millions d’euros pour un bénéfice net légèrement positif de 0,03 million d’euros, soit environ 30 000 euros. Bien que l’entreprise reste bénéficiaire, cette marge extrêmement réduite témoigne d’un contexte d’exploitation particulièrement exigeant.
Au Sénégal, SOBOA réalise un chiffre d’affaires de 33,9 millions d’euros mais affiche une perte nette de 2,33 millions d’euros, figurant ainsi parmi les rares filiales déficitaires du classement.
Au Cameroun, Guinness Cameroun présente également un résultat négatif avec une perte de 1,93 million d’euros, malgré un chiffre d’affaires de 138,2 millions d’euros.
L’analyse de ces résultats montre que la solidité du groupe Castel repose en grande partie sur la diversification de ses activités à travers plusieurs marchés africains. Les excellentes performances enregistrées au Cameroun, en Tunisie, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire ou encore au Gabon compensent les difficultés rencontrées dans certains autres pays. Cette répartition géographique permet au groupe de maintenir un niveau global de performance élevé tout en consolidant sa présence sur un continent où la consommation de boissons demeure portée par une croissance démographique soutenue et l’urbanisation croissante.
Les résultats de 2025 confirment ainsi le rôle majeur des brasseries dans l’économie africaine. Au-delà de leur contribution fiscale, ces entreprises constituent d’importants employeurs et participent activement au développement des chaînes de valeur locales, notamment dans l’agriculture, la logistique, l’emballage et la distribution.
Souleymane Coulibaly
