En marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, organisées du 12 au 18 octobre 2026 à Bangkok, en Thaïlande, la Côte d’Ivoire a multiplié les rencontres stratégiques avec les principaux partenaires financiers internationaux. Conduite par le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, la délégation ivoirienne a mis à profit ce rendez-vous mondial pour promouvoir les performances économiques du pays, consolider ses partenariats et explorer de nouvelles opportunités de financement en faveur de son développement.
Lors d’une réunion entre les ministres des Finances de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et les responsables du FMI, tenue le 14 octobre, Adama Coulibaly a partagé son analyse des perspectives économiques internationales dans un contexte marqué par de multiples incertitudes. Les tensions géopolitiques persistantes, les perturbations des prix de l’énergie et du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, ainsi que les effets du changement climatique, notamment liés au phénomène El Niño, continuent de peser sur les équilibres économiques mondiaux.
Malgré cet environnement complexe, le ministre ivoirien a relevé la résilience de l’économie mondiale. Selon les projections évoquées au cours des échanges, la croissance africaine devrait atteindre 4,2 % en 2026 avant de progresser à 4,4 % en 2027. Dans l’espace UEMOA, les perspectives demeurent particulièrement favorables, avec une croissance attendue à 6,1 % en 2026 après 6,5 % en 2025, puis à 6,4 % en 2027. Le renforcement des réserves de change de l’Union, couvrant désormais plus de huit mois d’importations, constitue également un indicateur rassurant pour les économies de la sous-région.
« Nous sommes actuellement bien positionnés pour faire face aux incertitudes internationales. Mais on n’est jamais suffisamment préparé », a souligné Adama Coulibaly, plaidant pour le maintien de marges budgétaires suffisantes afin d’anticiper d’éventuels chocs extérieurs.
Les discussions ont également porté sur la problématique de la dette publique, qui concerne aussi bien les économies africaines que les pays développés, ainsi que sur les opportunités offertes par l’intelligence artificielle et son adaptation aux réalités du continent africain.
Les échanges se sont poursuivis avec les responsables de la Banque mondiale, notamment son vice-président pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana. Cette rencontre a permis de faire le point sur l’état d’avancement des projets financés en Côte d’Ivoire ainsi que sur les perspectives de coopération à moyen et long termes.
Selon les services de communication du ministre Coulibaly Ousmane Diagana a salué les performances économiques ivoiriennes ainsi que la qualité de l’exécution des projets soutenus par l’institution financière internationale. Il a notamment mis en avant un taux de décaissement de 26 % enregistré en 2026.
Le responsable de la Banque mondiale a également annoncé la préparation d’un nouveau cadre de partenariat à l’horizon 2035, aligné sur les priorités du Plan national de développement (PND) de la Côte d’Ivoire. Ce partenariat devrait s’appuyer sur une enveloppe de 17 milliards de dollars destinée à accompagner des projets structurants dans plusieurs secteurs jugés prioritaires, notamment l’énergie, l’agriculture, le développement du capital humain et les infrastructures régionales, avec pour finalité la création d’emplois et l’accélération de la transformation économique du pays.
Outre ses rencontres avec la Banque mondiale, la délégation ivoirienne a également échangé avec des responsables du Trésor américain.
La Côte d’Ivoire a par ailleurs été invitée à partager son expérience en matière de gestion des portefeuilles de projets, une reconnaissance que le ministre Adama Coulibaly considère comme la preuve de la crédibilité acquise par le pays auprès de ses partenaires internationaux.
Selon lui, les résultats enregistrés ces dernières années suscitent un intérêt croissant au-delà des frontières nationales. Cette reconnaissance conforte la position de la Côte d’Ivoire parmi les économies de référence du continent en matière de gouvernance économique et de gestion des investissements publics.
Le séjour de la délégation ivoirienne à Bangkok a également permis de s’intéresser à l’expérience thaïlandaise en matière d’industrialisation, de transformation agricole et d’économie circulaire.
Les échanges avec les autorités thaïlandaises ont notamment porté sur les possibilités de coopération dans les domaines agricole et rizicole, deux secteurs considérés comme stratégiques pour la sécurité alimentaire et la diversification de l’économie ivoirienne.
Nana Touré
